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apic/Rigoberta Menchu / rencontre manquée avec le pape

Caracas: Chronique d’une rencontre manquée (110296)

entre Jean Paul II et Rigoberta Menchu

La Guatémaltèque voulait une audience privée pour parler des Indiens

Rome/Guatémala-City 11février(APIC) Rigoberta Menchu, Prix Nobel de la

Paix, a boycotté une rencontre avec Jean Paul II prévue officiellement à la

nonciature apostolique de Guatémala-City. La Guatémaltèque et trois autres

personnes de son entourage ne se sont pas présentées à l’entrevue vendredi

à la fin de la messe matinale du pape. La célèbre Indienne a expliqué aux

journalistes qu’elle avait demandé une audience privée au pape pour lui

présenter personnellement la situation des Indiens dans son pays et en Amérique centrale. Mais cela lui a été refusé. Sa rencontre avec le pape devait avoir lieu en même temps que celle de Ramiro de Leon Carpio, ex-président du Guatémala.

Dora Diron, membre de la «Fondation Rigoberta Menchu» , a expliqué au

Guatémala au représentant de l’agence de presse italienne «Ansa» que Rigoberta Menchu ne s’était pas rendue à la rencontre prévue avec le pape,

pour provoquer un geste de protestation. En prenant cette décision, elle

avait voulu dire non à ceux qui ne lui ont pas permis de voir et de parler

avec le pape, même bièvement. Rigoberta Menchu a refusé une rencontre faite

avec «d’autres personnalités».

La lauréate du prix Nobel avait sollicité, à l’occasion de la visite papale, une rencontre privée avec Jean Paul II pour lui demander une attention spéciale aux Indiens d’Amérique centrale. La radio du Vatican avait

annoncé officiellement le programme du voyage en indiquant que la rencontre

du pape aurait lieu en même temps que celle de l’ancien président du Guatémala, Ramiro de Leon Carpio, entourés de représentants de sa famille.

Dénonciation des droits de l’homme

Rigoberta Menchu, à plusieurs reprises, a dénoncé les atteintes aux

droits de l’homme de la part du gouvernement guatémaltèque et particulièrement celles dirigées contre les Indiens. Dans la presse guatémaltèque, elle

a d’ailleurs critiqué que le programme du pape ne prévoyait aucune rencontre avec une délégation indienne.

Jean Paul II a parlé des Indiens lors de son discours d’adieu à Guatémal-City, pour la première fois explicitement, en les qualifiant de «construteurs de la société». Les Indiens représentent au Guatémala environ 50%

de la population.

Impair du porte-parole du Vatican

Joaquin Navarro Valls, porte-parole du Vatican, a commis un impair remarqué sur cette rencontre annoncée et non réalisée. Il avait annoncé en

détail aux journalistes la rencontre entre Jean Paul II et la Guatémaltèque

Rigoberta Menchu, Prix Nobel de la Paix en parlant du thème de la rencontre

(situation des Indiens), décrivant une rencontre harmonieuse «faite dans un

climat excellent» et qualifiant de Rigoberta Menchu «d’intelligente, pas du

tout radicale». Quand pourtant des représentants de la presse l’ont avisé

que personne n’avait vu les deux personnalités ensemble, Navarro Valls a

concédé plus tard qu’il lui était arrivé un malentendu fâcheux. Ses informations sur «une cordiale conversation» et sur «la situation des Indiens»

devaient se référer sur une rencontre entre le pape et le précédent président du Guatémala, Ramiro de Leon Carpio. Quand à la rencontre privée de

Rigoberta Menchu avec le pape, comme prévue officiellement dans le programme, le porte-parole du Vatican n’en a évidemment plus rien dit. (apic/cickna/ba)

11 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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