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Belgique: Gabriel Ringlet, vice-recteur de l’UCL et l’affaire Gaillot

En quête d’une solution mariant le nomadisme et l’enracinement (290396)

Louvain-la-Neuve, 29mars(APIC) Où en est la mission ecclésiale confiée à

Mgr Jacques Gaillot, ancien évêque d’Evreux révoqué par Rome en janvier 95?

Selon Gabriel Ringlet, vice-recteur de l’Université catholique de Louvain

(UCL), «les choses avancent bien, mais c’est très difficile. Tout le travail consiste à trouver une solution qui marie l’enracinement avec le nomadisme. Mais il vaut mieux que la recherche soit dure et longue si c’est

pour aboutir à une vraie solution».

Le vice-recteur de l’UCL s’est expliqué sur «l’affaire Gaillot» en réponse à une question posée par un journaliste à l’occasion d’une conférence

de presse organisée le 28 mars à Louvain-la-Neuve, où Gabriel Ringlet présentait une édition nouvelle et revue de son livre : «Eloge de la fragilité. L’actualité à fleur d’Evangile». Invité à l’automne dernier à Paris,

dans le cadre du Forum des Communautés chrétiennes, peu après avoir publié

un livre à deux voix avec Jacques Gaillot sur «Dialogue et liberté dans

l’Eglise», Gabriel Ringlet s’est trouvé peu à peu impliqué dans les négociations avec l’épiscopat français sur les missions ecclésiales à confier à

l’ancien évêque d’Evreux.

Un chemin neuf à explorer

Mêlé aux négociations et donc tenu à un devoir de réserve, le vice-recteur de l’UCL n’a pu livrer que certains éléments d’information. Un premier

constat concerne la situation propre de J. Gaillot: «Actuellement, Jacques

Gaillot est heureux de ce qu’il fait. Après ce qui lui est arrivé, il a repris du poil de la bête. Il ne demande qu’une chose: une reconnaissance

d’un ministère épiscopal. C’est que de plus en plus de groupes font appel à

lui. Depuis un ou deux mois, les demandes affluent, au point que Jacques

Gaillot ne sait plus où donner de la tête».

Il y a donc des choix à faire pour rencontrer ces demandes. Sur le terrain de la solidarité sociale aussi, les choses bougent. Avec Anne-Marie

David, qui dirigeait le vicariat de la Solidarité à Evreux, et avec l’association Partenia, du nom du diocèse fictif auquel a été provisoirement

transféré Jacques Gaillot, quelque chose se construit, dit G. Ringlet. «Car

ici encore, les appels concrets sont nombreux. Les fonds rentrent également. Donc, il faut s’organiser. Cela se fait rue Cardinet à Paris, une

maison à trois étages, où Jacques Gaillot a son ’chez soi’».

L’enjeu est double, souligne G. Ringlet: «Il faut aider l’Eglise à accoucher d’un chemin neuf. Il faut aussi organiser une solidarité en actes».

Pour une «vraie solution», il faut aussi explorer un chemin ecclésial inédit, mais avec l’appui et l’exigence d’une connivence collégiale des autres

évêques, surtout si l’on souhaite qu’elle débouche pour Jacques Gaillot sur

l’exercice d’un nouveau ministère épiscopal dûment reconnu tel est, semblet-il, un des noeuds du problème souvent évoqué depuis plus d’un an.

Mission a portée transdiocésaine

Le défi, considéré sous l’angle de l’aventure spirituelle, consiste en

quelque sorte à «conjuguer nomadisme et enracinement», selon l’expression

de G. Ringlet. Devant ce défi, le vice-recteur de l’UCL met en garde contre

«les caricatures» : «De son côté, Jacques Gaillot est bien conscient qu’il

ne pourra pas répondre aux demandes en vivant en électron libre, sans lieu

d’enracinement. Du côté de la Conférence épiscopale, le nombre d’évêques

favorables à Jacques Gaillot est plus grand qu’on ne l’imagine».

Reste à trouver une formule qui conjugue nomadisme et enracinement.

C’est cela qui est difficile. Et fragile, relève-t-il. «Car si ce que nous

tentons de faire advenir n’est pas solide ni sérieux, mieux vaut ne pas le

faire. En revanche, il vaut mieux que ce soit dur, difficle et long si

c’est pour aboutir à une vraie solution. Je ne désespère donc pas d’une solution d’enracinement, dont l’ancrage permette à Jacques Gaillot d’exercer

une mission épiscopale à portée transdiocésaine. En tout cas, je suis en

dialogue avec des évêques qui paient de leur personne pour que cela avance». (apic/cip/pr)

29 mars 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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