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apic/Rome/Assemblée Caritas
Rome: 15e Assemblée générale de Caritas Internationalis
La pauvreté, échec du 20e siècle (110595)
Bruxelles, 11mai(APIC/CIP) Les pauvres sont la «raison d’être» de Caritas: c’est ce qu’a rappelé à la 15e assemblée générale de Caritas Internationalis qui se tient du 8 au 13 mai à Rome, Mgr José Vincente Eguiguren,
président pour la Région d’Amérique Latine et des Caraïbes. Bien que la Caritas soit une réalité extrêmement complexe, qui opère dans le monde entier
dans le cadre de ses structures diocésaines, tous ses membres s’engagent
envers les pauvres dans un seul et même esprit.
Accepter les autres, pour Mgr Eguiguren, c’est dire non à la discrimination raciale, à la xénophobie et à l’exclusion. La Caritas doit donc
chercher avant tout à humaniser la justice, à défendre les pauvres dans un
monde qui est désormais un village global. En outre, a souligné le prélat,
«elle doit agir pour que les politiques macro-économiques actuelles soient
fondées sur des macro-éthiques valables. C’est pourquoi la Caritas doit rester attentive aux signes des temps et créer des mécanismes adaptés pour
aider la communauté.
De la pauvreté à la misère
Dans un discours sur la globalisation de l’économie mondiale, le professeur Johan Galtung (Norvège), a attiré l’attention de l’assemblée sur les
conséquences des structures économiques actuelles en faisant la distinction
entre misère et pauvreté. «Ne luttez pas contre la pauvreté mais contre la
misère, car la misère nous rend inhumains», a-t-il déclaré. Ceux qui sont
dans la misère ne produisent même plus ce dont ils ont besoin, ils commencent par essayer de gagner de l’argent pour acheter ce que d’autres ont
produit.
Le professeur Galtung estime que la petite production locale doit être
soutenue, même à un coût plus élevé. L’économie de marché est nécessaire,
dit-il, mais elle ne suffit pas à elle seule et les structures doivent être
changées si l’on veut éviter de graves retombées négatives pour les populations. Les pays ou les régimes ne doivent pas être privés de leur capacité
de produire pour couvrir leurs besoins de base ni de la possibilité d’être
créatifs. Un système de marché informé et conscient sur le plan éthique
devrait être élaboré et pourrait constituer une réponse appropriée.
Sans exclure la majorité silencieuse
Le Père Boulad, directeur de Caritas Egypte, a pour sa part mis en parallèle la pauvreté et la libéralisation de l’économie. Cette libéralisation pourrait exclure du débat une majorité silencieuse: la population rurale, les femmes, les pauvres et les analphabètes, qui n’ont pas accès à la
croissance en cours. 520 millions de personnes peupleront le monde arabe en
2025, dont les trois quarts vivront dans les métropoles. Face au risque de
voir se créer de nouveaux bidonvilles toujours plus étendus, théâtres d’une
pauvreté toujours plus dramatique, Caritas Egypte devra fournir tous les
efforts possibles pour renverser cette tendance et ramener ces populations
vers les zones rurales, a affirmé le P. Boulad. Caritas Egypte souhaite
améliorer la répartition démographique dans la région en créant des éléments institutionnels et des infrastructures dans les villages les moins
développés.
Le P. Boulad a souhaité qu’une action de lobbying vienne s’ajouter aux
trois activités principales de Caritas que sont les secours d’urgence, la
réhabilitation et le développement. En premier lieu, les causes de la
pauvreté devraient être identifiées; ensuite, un soutien technique et financier devrait être accordé aux communautés urbaines et rurales; enfin,
les options et les analyses de Caritas devraient être portées à l’attention
des organisations internationales. (apic/cip/pr)



