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apic/Rome/ déclaration commune entre pape et Aram 1er
Rome: Catholiques et Arméniens demandent (260197)
une «solution équitable» du statut de Jérusalem
Rome, 26janvier (APIC) Jean-Paul II a reçu samedi en audience Sa Sainteté
Aram 1er Keshishian, Catholicos de Cilicie des Arméniens, installé en 1930
à Antelias, au Liban. Ce dernier est en visite auprès du pape et de l’Eglise de Rome du 23 au 26 janvier. Une déclaration commune a été signée dans
laquelle, entre autres, les deux Eglises souhaitent pouvoir être parties
prenantes dans les négociations concernant le futur statut de Jérusalem.
Après l’échange des présents et des discours, le pape et le Catholicos
ont signé une déclaration théologique commune qui rappelle les termes de
celle signée le 13 décembre dernier par le pape et le Catholicos Karekine
1er, d’Etchemiadzine. Mais surtout, la visite de Aram 1er a été marquée par
un souci de dialogue au Moyen Orient et au Liban en particulier.
Cette déclaration devrait avoir des conséquences dans la négociation sur
le statut de la ville de Jérusalem où la communauté arménienne est en effet
fortement présente, la vieille ville de Jérusalem étant divisée en 4 quartiers: juif, chrétien, musulman et arménien. De fait, «moins de divisions
entre les chrétiens en ce lieu, ne fera que favoriser une négociation unie
sur le statut de Jérusalem», indiquait un haut responsable du Vatican, le
13 décembre, à l’occasion de la visite du Catholicos Karekine 1er.
Statut internationalement reconnu
Le Vatican, en effet, ne perd pas une occasion pour rappeler son attachement à une négociation sur le sort de la ville de Jérusalem, qu’il considère comme un patrimoine de l’humanité, espérant aboutir, pour la zone
historique et religieuse, à un statut juridique particulier, internationalement reconnu et garanti.
Au Moyen Orient, la lutte pour la justice et la paix est urgente, souligne la Déclaration commune: «Il est donc indispensable de donner un nouvel élan à la mission spirituelle et sociale des Eglises, dans les pays du
Moyen Orient, où apparaissent comme des priorités l’instauration d’une paix
juste, globale et durable, et la solution équitable et satisfaisante du
problème de la ville sainte de Jérusalem».
Le Liban, cadre de mission commune
Quant au Liban, ou l’on sait que Jean Paul II désire se rendre dès que
possible, il constitue pour les catholiques et les arméniens un cadre tout
particulier de mission. Réconciliation et reconstruction du pays doivent
être guidées par les valeurs morales et religieuses qui fondent l’unité de
la «grande famille libanaise» selon l’expression de la Déclaration. Ce qui
est en jeu, c’est l’identité du pays, faite de liberté et de pluralisme,
mais aussi son unité, et, les deux parties n’hésitent pas à le dire, sa
«souveraineté».
De fait, l’expression commune de la foi, telle qu’elle a été exprimée en
décembre dernier, constitue désormais la base solide pour faire progresser
l’unité des chrétiens au Moyen Orient: «Je suis heureux que nous soyons
parvenus à déclarer explicitement notre foi commune dans l’unique Verbe Incarné, vrai Dieu et vrai Homme», rappelle Jean Paul II dans son discours,
lors de l’audience de samedi.
Bilan positif: après les déclarations entre l’Eglise catholique et les
Eglises copte, éthiopienne et syriaque. Elles «ont déjà signifié ouvertement l’unité de ces Eglises dans la foi au Christ Seigneur au-delà des incompréhensions séculaires.
«La terre de la nation arménienne est enfin libre et indépendante», affirme encore Jean-Paul II. Ex-république soviétique, l’Arménie est devenue
une République indépendante le 21 septembre 1991, à la suite d’un référendum. Ces circonstances historiques ont joué un rôle dans le progrès du dialogue vers la confession commune de la foi: «Nous pouvons rendre grâce à
Dieu, car l’Eglise arménienne a pu, dans son unité et de sa liberté retrouvée, joindre sa voix à cette louange de foi».
17e centenaire du baptême de la nation arménienne en 2001
Le pape signale deux autres événements qui se prêteront à une nouvelle
«coopération fraternelle»: le Grand Jubilé du mystère de l’Incarnation et
le 17e centenaire du baptême de la nation arménienne en 2001. Une occasion
pour les autres chrétiens, souligne le pape, de découvrir les «richesses
spirituelles de l’Eglise arménienne».
Cette collaboration s’est manifestée depuis 17 ans déjà dans le travail
du Conseil des Eglises du Moyen Orient, créé avec la collaboration du Catholicos Aram 1er. Ce dernier a également été choisi comme président du comité central du Conseil oecumenique des Eglises, ce que le pape ne manque
pas de rappeler.
Quant à Aram 1er, il a participé récemment à une réunion des patriarches
catholiques de l’Orient et des patriarches syriaque-orthodoxe et grec-orthodoxe d’Antioche, avec lesquels un accord pastoral a été conclu le 14 octobre dernier sur les mariages mixtes et un projet de catéchèse commune.
«Tous ces efforts produiront des fruits pour l’unité», se rejouit Jean-Paul
II qui insiste en particulier sur l’importance et le «rayonnement» de la
culture arménienne.
Dans leur déclaration commune, le pape et le Catholicos insistent enfin
sur l’urgence du temoignage de l’unité des chrétiens, Le monde actuel en a
besoin. Or, la sécularisation est une menace pour la foi: «Le monde actuel,
souligne la déclaration, du fait des idéologies qui s’expriment dans les
valeurs matérialistes et en raison des ravages de l’injustice et de la violence, présente un véritable danger pour l’intégrité et l’identité de la
foi chrétienne».
Cette déclaration constitue une véritable invitation au dialogue, au
coeur des sociétés pluralistes, et en particulier avec la communauté musulmane: un dialogue concret, portant sur «l’existence quotidienne». (apicimed/ba)



