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Rome: «Entrez dans l’espérance», entretiens avec le pape (191094)

Pas un testament, un manifeste…

Rome, 19octobre(APIC) Le livre du pape Jean Paul II «Entrez dans l’espérance» n’est pas un testament, et encore moins des mémoires. Il est bien

davantage un manifeste. Diffusé dès jeudi en 21 langues et dans 35 pays,

l’ouvrage se veut essentiellement positif. «Le pape regarde l’avenir, il ne

s’agit pas de souvenirs, mais de projets», a commenté mercredi Joaquin Navarro-Valls, porte-parole du Vatican. Cette oeuvre offre un bon reflet de

la formation culturelle, du mode de pensée et d’enseignement ainsi que de

l’habileté dialectique de Jean Paul II. «L’homme m’a toujours passionné»,

dit-il au détour d’une page.

En 335 pages, éditées en français par Mame-Plon, et en vente dès jeudi,

Jean Paul II donne ses raisons de croire, de vivre et d’espérer. A partir

d’une certitude: «Il existe Quelqu’un qui tient dans ses mains le sort de

ce monde qui passe.» Pour s’en expliquer, il avait d’abord choisi la forme

d’un entretien télévisé et Vittorio Messori avait été pressenti pour le mener. Faute de temps et de convenances, le projet télévisuel a été annulé et

les questions du journaliste italien auraient fini au panier si Jean Paul

II n’avait pas pris le soin d’y répondre par écrit et en polonais, durant

ses moments libres.

La première partie a pour sujet le pape, son rôle, sa fonction et sa

personne. Dieu, Jésus et l’homme forment la partie centrale, tandis dans

une troisième partie sont rassemblées des questions plus disparates sur les

jeunes, les autres religions, la fin du communisme, l’Eglise, le Concile

Vatican II, les moeurs, les droits de l’homme, l’avortement, la dévotion à

Marie.

Le livre offre peu de surprises pour qui connaît la pensée catholique.

L’intérêt réside surtout dans la manière synthétique de s’exprimer afin que

les non-croyants puissent aussi avoir accès à cet ouvrage, selon le souhait

explicite des deux interlocuteurs. Dans chacune des réponses du pape on retrouve globalement la même structure: une rapide étude du fondement philosophique de la question et de la réponse possible, une argumentation théologique étayée sur l’Ecriture et sur Vatican II – référence omniprésente et enfin une réflexion plus personnelle faisant appel à son expérience propre.

«Le monde a besoin d’être sauvé»

Une conviction parcourt le livre: «Le monde n’est pas en état de rendre

l’homme heureux». Le monde a besoin d’être sauvé, il a besoin de la Rédemption. Même si le pape, lorsqu’il tente de convaincre de la réalité du péché, devient ’persona non grata’. «Même ceux qui critiquent aujourd’hui le

christianisme en conviennent: ils reconnaissent eux aussi que le Christ

crucifié est une preuve de solidarité de Dieu avec l’homme qui souffre.

(…) Dieu est toujours dans le camp de ceux qui souffrent.»

Vatican II: le début d’une ère nouvelle

Au sujet de la multiplicité des religions, Jean Paul II a cette réflexion: «Au lieu de nous étonner que la Providence permette une aussi grande

diversité de religions, nous devrions plutôt être surpris par le nombre

d’éléments qui leur sont communs.» Même optimisme au niveau de l’oecuménisme, dont l’enjeu est énorme, car l’avenir du monde est en jeu.

Pour Jean Paul II, le Concile Vatican II marque indiscutablement le début d’une ère nouvelle. Le pape perçoit notamment un grand progrès avec la

mise en oeuvre de Synodes diocésains et la participation nouvelle des laïcs

qui «modèlent le visage de l’Eglise du troisième millénaire». L’Eglise doit

continuer à faire face en répondant sans se dérober à la question: «Que

dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle?» Une question, on s’en

souvient, qui est le fil rouge de l’encyclique ’Veritatis splendor’.

Autre point d’insistance pour Jean Paul II: la question de la liberté

religieuse et du rôle de la conscience personnelle avec à l’appui Thomas

d’Aquin et la déclaration conciliaire. Ce livre-interview, certains ne manqueront pas de le souligner, ne laisse guère de place à l’autocritique, encore moins au doute, mais il permet de découvrir ou de redécouvrir un penseur et un pasteur sous un jour nouveau et parfois inattendu. (apic/cicjmg/mp)

19 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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