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Rome: L’Eglise doit être aux côtés (030996)
des immigrés «clandestins» et des réfugiés, dit Jean Paul II
Rome, 3septembre(APIC) Accueillir l’étranger et sa religion sans hésiter,
mais sans renier la nécessité du témoignage de la foi chrétienne; prendre
conscience de la nouvelle dimension du phénomène migratoire. Tels sont les
deux thèmes dominants du message de Jean-Paul II publié mardi à Rome, en
vue de la 83e journée mondiale des migrants et des réfugiés. Cette journée
sera célébrée dans l’Eglise en 1997 sur le thème: «La foi agit par la charité».
Jean-Paul II commence par souligner que «le phénomène migratoire se
présente aujourd’hui comme un phénomène de masse». Ce qui implique que «les
déplacements de personnes ont acquis des dimensions planétaires et souvent
incontrôlables, qui amènent, dans quasiment toutes les métropoles, une
multiplicité de cultures ce qui provoquent de nouvelles situations
socio-économiques».
L’Eglise et ses pasteurs doivent en conséquence «prendre toujours plus
conscience de ce phénomène». D’autant que la diversité des origines migratoires a érigé le facteur religieux comme l’un des éléments de diversification sociales. Loin d’être superficiel, souligne le pape, cet élément est
aujourd’hui véritablement «enraciné», notamment dans «plusieurs pays européens à majorité chrétienne», au point que «certains gouvernements ont concédé le statut de religions reconnues aux groupes religieux les plus importants».
L’Eglise, continue le pape, est favorable à de telles législations, car
elle reconnaît la liberté de culte à tout être humain. Elle entend même
«instaurer des rapports de collaboration avec ces différentes religions,
dans un climat de confiance et de dialogue, afin de coopérer pour trouver
les solutions aux problèmes qui émergent dans la société actuelle».
Des problèmes «complexes dont les solutions ne sont pas faciles»
N’oubliant pas qu’hier les chrétiens ont été eux aussi des migrants et
que sans eux l’Eglise ne se serait pas répandue dans le monde, le pape remarque qu’»aujourd’hui la tendance du mouvement migratoire s’est comme inversée. Ce sont les non-chrétiens qui, toujours plus nombreux, viennent
dans les pays de traditions chrétiennes, (…) et parfois dans les conditions de clandestins et de réfugiés».
Jean-Paul II écrit: «L’Eglise sent le devoir de se rapprocher, à l’image
du bon Samaritain, du clandestin et du réfugié, icône contemporaine du pèlerin détroussé, persécuté et abandonné sur le bord de la route de Jéricho.
Elle va à sa rencontre pour verser sur ses plaies l’huile de la consolation
et le vin de l’espérance, se sentant appelée à être un signe vivant du
Christ, venu pour que tous aient la vie en abondance.»
Toutefois, poursuit le pape, «l’urgence de secourir les migrants dans
les situations précaires ne doit pas freiner l’annonce des réalité ultimes,
sur lesquelles se fondent l’espérance chrétienne». Plus loin, il ajoute:
«L’engagement de l’Eglise pour les migrants et pour les réfugiés ne peut
pas simplement se réduire à organiser les structures d’accueil et de solidarité… En effet, les oeuvres sont la ’foi opérante’ de l’Eglise alors
que les paroles sont sa ’foi éloquente’. De même qu’il n’y a pas d’évangélisation sans action caritative, il n’y a pas d’authentique charité sans
l’esprit de l’Evangile: ce sont deux aspects intimement liés entre eux.»
«Le vrai pasteur, même quand il est assiégé par d’énormes problèmes pratiques, n’oublie jamais que les migrants ont besoin de Dieu et que beaucoup
parmi eux le cherchent d’un coeur sincère». L’Eglise, rappelle le pape, est
appelée à stabiliser un dialogue intense avec les hommes, non seulement
pour leur transmettre des valeurs authentiques, mais surtout pour soulever
les mystères du Christ, parce que c’est seulement en lui que la personne
peut atteindre sa dimension la plus vraie. (apic/jmg/mp)



