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Rome: 50 ans du Centre St-Louis-de-France (241195)

Mgr Poupard rend hommage à la sainteté de l’intelligence

Rome, 24 novembre(APIC) «La culture française n’est pleinement elle-même

que lorsque la foi s’y épanouit et lui donne un surcroît de plénitude», a

rappelé jeudi le cardinal Paul Poupard lors d’une conférence prononcée à

l’occasion du 50e anniversaire du Centre Saint-Saint Louis de France, fondé

à Rome en 1945 par Jacques Maritain.

Le cardinal Poupard, qui préside le Conseil pontifical pour la Culture,

est parti de l’interpellation de Jean-Paul II lors de son premier voyage

apostolique en France: «France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux

promesses de ton baptême ?»

Mgr Poupard a rappelé l’estime constante des papes, en particulier de

Paul VI, pour la culture française, dont il a présenté quelques témoins

dont le message est toujours vivant. Une culture «marquée en profondeur par

la foi, qui a suscité une manière d’être politique, depuis Clovis, avec

saint Louis, Jeanne d’Arc, Robert Schuman et Edmond Michelet, dont les causes de béatification sont introduites». Cette foi resplendit dans le monde

des arts, des sciences et des lettres, a ajouté le conférencier, évoquant

le temps des cathédrales et celui des abbayes, le pape Sylvestre II, Pasteur, Jérôme Lejeune, le «grand siècle des âmes» avec Pascal, Corneille et

Racine, Bossuet et Fénelon, Chateaubriand et, de nos jours, Charles Péguy,

Paul Claudel, Léon Bloy, Georges Bernanos, François Mauriac, Marcel Pagnol,

Pierre Emmanuel, Daniel-Rops et André Frossard.

La France, c’est aussi «la mère des saints», selon l’expression du pape

Benoît XV, de saint Martin, saint Bernard et du mouvement cistercien à

François de Sales et à «Monsieur Vincent», au curé d’Ars et à Thérèse de

Lisieux. Mgr Poupard a parlé de la pensée française comme de la «sainteté

de l’intelligence» à propos de Maritain, «maître des arts de la pensée, de

la vie et de la prière» (Paul VI), du Père Lagrange, ce pionnier «patron

des exégètes», Maurice Blondel, un philosophe qui «a su faire coexister la

recherche la plus rigoureuse et le catholicisme le plus authentique» (JeanPaul II), des cardinaux Daniélou, de Lubac et Congar, prestigieux théologiens et éditeurs des grandes collections de théologie catholique à la suite de l’abbé Migne. Paul VI le disait à Saint-Louis-des-Français: «la France cuit le pain intellectuel de la chrétienté.»

Fils de Pascal et fils de Voltaire

Dans sa conclusion, le cardinal Poupard a observé que la culture française est traversée depuis des siècles «d’une tension vive, souvent larvée,

parfois exacerbée, entre les fils de Pascal et les fils de Voltaire». Rappelant avec Jean-Paul II qu’»une foi qui ne devient pas culture est une foi

qui n’est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement vécue», il a observé que «la culture française n’est pleinement elle-même que

lorsque la foi s’y épanouit et lui donne un surcroît de plénitude».

Et le président du Conseil pour la Culture de lancer cette interpellation: «Les crises de la culture française sont aussi des crises de la culture chrétienne. Toute crise, étape décisive dans l’évolution d’un organisme, peut se solder par un échec ou se dénouer dans une intégration nouvelle

allégée des éléments caducs et enrichie d’une nouvelle sève. Jean-Paul II

présente les Français comme héritiers d’une riche tradition humaniste. Héritiers, serons-nous aussi des ancêtres ?» (apic/jmg/mp)

24 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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