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Rome: le Synode des évêques sur le Liban dans la dernière ligne droite
Rome, 8décembre(APIC) Après une semaine de débats, le Synode sur le Liban, ouvert à Rome le 26 novembre, n’a guère suscité l’intérêt de la presse
européenne. Il est entré jeudi dans la dernière ligne droite avec la première lecture, en séance plénière, du projet de message final, qui sera publié lors de la clôture de l’assemblée, le 14 décembre.
Une conférence de presse intermédiaire s’est tenue jeudi au Vatican. Si
la presse européenne semble peu intéressée par ce synode, la presse libanaise est fortement représentée (une cinquantaine de journalistes ont fait
le déplacement à Rome), de même que la presse américaine, à cause du grand
nombre d’émigrés libanais vivant aux Etats-Unis et au Canada.
Le clergé marié n’est pas exportable
La presse américaine paraît surtout intéressée à la question du mariage
des prêtres de la diaspora. En effet, le nouveau code en vigueur pour les
Eglises orientales, permet, selon la tradition, que les prêtres des Eglises
orientales présentes au Liban puissent se marier, mais seulement dans des
pays du Moyen-Orient. S’ils exercent leur ministère en Occident ces prêtres
doivent se conformer à la discipline en vigueur dans l’Eglise Latine. Le
Liban ne peut donc «exporter» ses prêtres mariés.
Mgr Francis Mansour Zayek, archevêque maronite de Brooklyn (New-York) a
reconnu que cette disposition pose certains problèmes aux séminaristes en
formation au Liban qui se destinent au ministère dans la diaspora. «Cela
pourrait être différent dans un proche avenir, déclare-t-il. Mais en attendant il faut tenir compte de l’unité de l’Eglise.»
Un discours «politique»?
La presse libanaise de son côté juge la diaspora insuffisamment représentée au Synode. «Nous aurions aimé voir davantage de représentants de la
diaspora, mais nous ne pouvions pas, non plus, être trop nombreux, afin de
garantir un travail efficace. Je pense malgré tout que les membres du Synode sont représentatifs», explique Mgr Habib Bacha, archevêque de Beyrouth
des grecs-melkites.
Le Synode prendra-t-il position sur les problèmes politiques, internes
et externes, qui hantent le Liban? Mgr Kasparian, patriarche de Cilicie des
Arméniens, préfère parler de questions «nationales» plutôt que de questions
«politiques», même s’il est bien conscient que le Liban tout entier attend
de ce synode «des résultats et une déclaration politiques». «Nous ferons
des propositions extrêmement structurées sur la situation libanaise, dans
toutes ses implications.»
Les intervenants de cette conférence de presse ont également insisté sur
le rôle «rassembleur» de ce synode, «espérance pour ce pays qui n’est pas
bâti sur le sable, insiste Mgr Bechara Rai, et où tous – je dis bien tous sont invités à oeuvrer à son renouveau intégral».
Message du général Aoun
Le message du général Michel Aoun, ex-président de la République, actuellement en exil en France, dénoncant en début de semaine, la «syrianisation» du Liban et «le discours confessionnel largement responsable de la
désintégration de notre entité nationale» suscite un net embarras parmi les
représentants du Synode. Le géneral demande en particulier au Synode de ne
pas passer sous silence l’absence de liberté de son pays et de «parler
moins de communauté et plus de religion». Mgr Habib Bacha affirme n’avoir
rien vu, ni lu, ni entendu au sujet de ce message. Pour Mgr Bechara Rai,
archevêque de Jbeil des Maronites et président de la Commission de l’information, «il n’y a pas que ce message, nous en avons reçu de toutes parts,
et nous en tenons compte».
Une Eglise en dialogue
Le Synode a également déploré la «concurrence» entre rites catholiques.
La commission des Patriarches renforcera sa collaboration interne en créant des structures à différents niveaux. Elle favorisera notamment «une
mentalité commune» à l’intérieur de l’Eglise catholique.
Sur le plan liturgique, des réalisations ont déjà lieu. Pour Mgr Habid
Bacha, de rite grec-melkite, «ce ne sont cependant pas tellement les rites
qui sont en cause, car ils sont tous issus d’une origine commune, la tradition antiochienne. Au contraire, leur richesse doit être conservée, qui
plus est, au regard de nos relations avec les orthodoxes. En touchant trop
à notre liturgie, nous risquons de compromettre nos relations avec eux.»
Une importante réunion rassemblera en 1996 tous les patriarches et évêques catholiques avec les patriarches orthodoxes de la région, annonce-t-on
à ce propos. (apic/jmg/mp)



