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Rome: Synode sur la vie consacrée (201094)

Rapports des groupes de travail

Rome, 20octobre(APIC) Après avoir terminé la veille les travaux en «circuli minores» les participants au Synode sur la vie consacrée se sont retrouvés mercredi dans l’Aula Paul VI pour la 20e et la 21e Congrégation Générale, pour entamer l’élaboration du rapport final.

Parmi les grands thèmes, la priorité va, semble- t-il, à la définition

même de la vie consacrée, de son identité. Si, pour certains groupes de

travail, la question reste ouverte sur cette «théologie de la vie consacrée», d’autres amorcent une réponse. «Le concept de la suite du Christ est

fondamental», souligne le rapporteur du groupe allemand. Pour Mgr Jean Bonfils, au nom du groupe de langue française C: «il ne semble pas possible de

définir au sens habituel du terme la vie consacrée, et cela n’est pas forcément souhaitable. En tenant donc que le concept de consécration est analogique, on préfère caractériser la vie consacrée par un certain nombre de

données communes: volonté de suivre le signe du Royaume; rupture avec les

réalités du monde; obéissance à des supérieurs, à une règle ou un projet

reçus de Dieu; fidèlité à un charsime fondateur reçu comme une grâce particulière en vue du bien de toute l’église; profession liturgique et pratique

des conseils évangéliques; vie fraternelle; mission active ou contemplative».

L’évêque de Viviers ajoute une autre notion à l’identité de la vie religieuse: la vie communautaire qui est «une voie de sanctification effective,

un appel incessant à la conversion, un signe pour le monde». Un thème repris par le groupe C de langue anglaise, qui plaide pour «une revitalisation de la vie communautaire», ou encore par le groupe A espagnol qui rappelle que «pour convaincre, il faut vivre».

Ainsi, la grande attente de ce synode, selon Mgr Joseph Duval, évêque de

Rouen, «c’est une profonde estime de l’Eglise par rapport à la vie religieuse. Le reste est secondaire».

L’inculturation: un souci constant pour les consacrés

Un deuxième aspect qui ressort des discussions en groupes est le problème de l’inculturation. «On a parlé de la nécessité de l’inculturation dans

les jeunes Eglises. Elle est aussi nécessaire dans les Eglises aux traditions plus anciennes», rapporte l’archevêque espagnol Mgr Fernando Sebastian Aguilar. Un groupe de langue française ajoute que l’inculturation

«s’impose aux consacrés comme à toute l’Eglise. Les divers fondateurs ont

eu, en leur temps, un grand souci d’inculturation et laissent ce souci en

hérirage acomme une tâche à reprendre constamment».

Au sein du groupe anglais D, on a débattu de «la signification de l’inculturation au sein de sa propre culture, ainsi que de l’inculuration dans

une autre culture». Le groupe a appelé «l’attention sur la nécessité de

cette inculturation pour la vie consacrée elle-même».

Le groupe allemand associe ce thème de l’inculturation aux conseils

évangéliques liés à la vie consacrée. «Le témoignage de la vie consacrée

doit nous renvoyer à la transcendance, il doit également être un signe

d’indépendance et de refus vis-à-vis de la culture de l’immanence, de l’autonomie illimitée, de la possession, et de la violence. Les conseils évangéliques représentent donc, par leur double fonction d’affirmation ou d’opposition un élément d’inculturation concrète de l’Evangile».

Quant à l’intégration effective des consacrés dans les églises locales,

«il faut reconnaître que les relations entre les Evêques et les insitutions

de vie consacrée, spécialement les supérieurs majeurs, sont généralement

satisfaisantes», rapporte le groupe de langue espagnole A. «Au sein de

l’unique communauté ecclésiale, les religieux doivent donner l’exemple aux

fidèles par la reconnaissance du ministère episcopal en tant que représentation de Jésus-Christ». De même, «les évêques doivent exercer et reconnaître la charité pastorale par rapport aux appelés à la vie consacrée, sous

toutes ses formes».

Le rapporteur d’un groupe de langue française affirme cependant que la

collaboration entre évêque et religieux n’existe et ne fonctionne pas partout. D’autres groupes de travail ont souligné l’importance de tels contacts. Dans l’aire germanique, ces expériences sont «très positives», rapporte le relateur allemand. «L’expérience des ’vicaires religieux’ et des

’vicaires épiscopaux’ faite pour entretenir ces bons rapports entre vie

consacrée et Eglise locale s’est révélée efficace et l’expérience mérite

d’être menée là où cela n’a pas encore été fait.»

La place des femmes consacrées

Un autre thème abordé dans la majorité des groupes est celui de la responsabilité des femmes consacrées dans l’Eglise. Le groupe allemand ne veut

pas y voir «une concession», mais plutôt «une façon de donner aux femmes la

possibilité d’apporter leurs talents». En effet, «les femmes sont particulièrement proches des problèmes quotidiens et ont une manière différente de

les évaluer. Il faudrait les écouter et tenir compte de leur avis.»

Pour Mgr Jacques Berthelet (Canada) et son groupe français, «il ne

s’agit pas d’une revendication basée sur des motifs sociologiques ou culturels passagers, il s’agit d’adapter la pratique aux affirmations de l’anthropologie chrétienne sur l’égalité fondamentale de l’homme et de la femme

devant Dieu… On pourrait mettre en avant la compétence des femmes consacrées en matière de service pastoral, d’accompagnement spirituel, de prédication de retraites, de formation des prêtres et des laïcs.»

Le rapporteur de la République Dominicaine (groupe espagnol B) parle de

la «responsabilité majeure» des femmes consacrées: «Il ne s’agit pas d’obtenir de charges de plus ou moins grande responsabilité, mais du fait que

la réalité féminine dans le dessein de Dieu et sa fonction dans la création, dans le mystère salvifique du Christ et dans la mission de l’Eglise,

soit reconnue par tous. La femme a mission d’incarner et de refléter des

traits particuliers de Dieu et a un rôle propre dans la réalisation du mystère du Christ. Pour ce qui regarde la prise en charge de responsabilités,

tâches et fonctions, même à des niveaux élevés, la situation est diverse.

Il y a encore des résistances. L’Eglise doit être prophétique et stimulante

face à la société civile par rapport à la dignité, au rôle et à la mission

de la femme.»

Pour Mgr Pierre Raffin, au nom du groupe français A, «le principe qui

devrait guider l’agir ecclésial en ce domaine est le suivant: tous les

laïcs, hommes ou femmes, consacrés ou non, ont accès à tous les offices et

à toutes les instances de l’Eglise qui ne requièrent pas l’ordination.»

(apic/cip/mp)

20 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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