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apic/Rouet/Elections présidentielles

France: L’Eglise catholique face aux élections présidentielles (280295)

Mgr Rouet livre sa réflexion, mais reconnaît que l’Eglise

dispose de peu de moyens pour faire entendre son message

Paris, 28février(APIC) A deux mois des présidentielles françaises, Mgr

Albert Rouet, évêque coadjuteur de Poitiers, et président de la Commission

sociale de l’épiscopat français, estime que l’Eglise, sans donner de consigne de vote pour les prochaines élections, doit rappeler la dignité de la

politique. Mais, reconnaît-il, l’Eglise dispose de peu de moyen pour faire

entendre son message dans le domaine politique.

Invité à faire part de sa réflexion sur le rôle de l’Eglise dans le concert politique français, par le service de presse des évêques de France

(SNOP), Mgr Rouet relève qu’un pays a besoin d’une vie politique intense,

de manière à permettre à toute personne de participer à l’élaboration du

bien commun et à la recherche constante pour mieux servir la dignité de

l’homme.

Mgr Rouet pense que les enjeux de la vie politique sont sous-évalués par

rapport à la manière dont la vie politique est menée. Le quotidien, les

méthodes, les relations politiques, voire les affaires, ont fait passer au

second plan les grandes lignes d’une action politique.

Comment l’Eglise peut-elle intervenir dans le paysage politique français

et dans la conscience des catholiques dans leurs choix politiques? Pour Mgr

Rouet si l’Eglise intervient au niveau des options, elle apparaît comme un

parti parmi d’autres, pour favoriser un parti parmi les autres. Reste deux

domaines, dans lesquels l’Eglise peut intervenir: «Interroger chacun sur

les motifs profonds de ses choix politiques, sur les véritables raisons qui

poussent à favoriser tel parti ou telle ligne politique. Car dans les motivations personnelles, il entre une bonne part d’irrationnel, de spontané et

l’Eglise doit aider chacun à poser un jugement, à former son jugement politique, afin de pourvoir argumenter les raisons de son vote. Dans un second

temps, l’Eglise doit révéler dans la situation de notre pays quelles sont

les urgences, les priorités indispensables pour que la dignité de l’homme

soit respectée. D’un côté, elle éveille les consciences, et, de l’autre,

elle montre les priorités. L’Eglise sert ainsi la politique sans entrer

dans le jeu des options de partis politiques».

Mieux utiliser les réseaux de l’Eglise

C’est vrai, reconnaît le prélat, l’Eglise dispose de peu de moyens pour

faire entendre son message dans le domaine politique. «Les déclarations

qu’elle fait ne sont pas toujours reprises par les grands médias, et surtout ne sont pas toujours entièrement reprises par les médias qui relisent

à leur manière ce que l’Eglise a déclaré». Reste, précise Mgr Rouet, que

l’Eglise a d’autres moyens pour faire entendre sa voix… «Si j’en juge par

ce qui s’est passé après le livre de la Commission sociale «Face au chômage

changer le travail», j’ai été extrêmement surpris de rencontrer des thèmes

de cette déclaration repris dans des endroits fort différents de notre société. Nous comptons peut-être trop sur les médias officiels qui ne dépendent pas de l’Eglise et pas assez sur les réseaux de l’Eglise pour faire

comprendre sa position». (apic/snop/pr)

1 mars 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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