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apic/RU 486/Suisse/PDC
Suisse: Introduction de la pilule abortive RU 486
Le débat divise le PDC suisse
Berne, 15mars(APIC) L’introduction éventuelle de la «pilule abortive» RU
486 en Suisse n’a pas fini de susciter le débat. La commission sociale du
Parti démocrate-chrétien suisse avait convoqué jeudi à Berne un séminaire
pour en discuter. Opposition programmée entre les partisans de la RU 486
pour qui il ne s’agit que d’un moyen technique et les tenants de l’interdiction pour qui on ne peut pas faire l’économie de la réflexion éthique.
Anna Mannhart, présidente de la commission sociale du PDC, a réaffirmé
en ouverture de la séance l’attachement du PDC à la protection de la vie et
son refus de la «solution des délais» en matière d’avortement. La RU 486,
considérée sous l’angle médical, n’en constitue pas moins un moyen qui propose à ses yeux une alternative valable au moment ou la décision d’un avortement a été prise conformément à la loi.
La RU 486 peut être utilisée jusqu’à 49 jours de grossesse. Le procédé
se déroule en deux phases: la prise par voie orale de la RU 486 puis quelques jours plus tard l’administration de Prostaglandine (préparation régulièrement utilisée par ailleurs en gynécologie) qui provoque l’expulsion du
foetus.
Le producteur de la RU 486, le fabricant allemand Hoescht a exigé qu’une
«instance représentative» demande dans chaque pays l’introduction de ce médicament. En Suisse cette demande a été faite par la Conférence des directeurs cantonaux des Affaires sanitaires sur pression des organisations féminines.
Traiter cette question sous l’angle strictement technique est nettement
insuffisant, avertit immédiatement Urs Nussbaumer, ancien conseiller national, et président de «Oui à la vie». L’introduction de la RU 486 présente
un risque réel de banalisation de l’avortement et par là d’en augmenter le
nombre. En outre la pression sur la femme est encore aggravée, car elle sera seule à décider et cela dans un délai très court. Cette méthode n’a rien
de doux mais sert à enlever la responsabilité du médecin et souvent aussi
du père, souligne-t-il.
Rita Wick-Egger, co-présidente de la Commission féminine de la Conférence des évêques suisses, avance son expérience auprès des femmes en détresse
pour plaider pour une attitude pragmatique. Il s’agit plutôt d’aider les
femmes que de les condamner, de contrôler que d’interdire, explique-t-elle.
Le Conseiller d’Etat lucernois Klaus Fellmann, chef du département des
Affaires sanitaires s’est opposé à la demande d’introduction de la RU 486
en Suisse. Il craint surtout d’ouvrir la porte vers une libéralisation générale de l’avortement selon le principe de la «solution des délais». La
crainte de l’avortement chirurgical reste tout de même un frein , constatet-il.
Trop d’avortements «illégaux»
Dans l’assemblée, l’appréhension du problème de l’avortement diverge
profondément. «Je n’ai jamais connu de cas d’avortement de «confort», affirme une conseillère en planning familial. «De tous les avortements auxquels j’ai assisté, pratiquement aucun ne répondait strictement aux critères légaux», admet un étudiant en médecine qui se dit pourtant favorable à
l’introduction de la RU 486.
Des membres de «Oui à la vie» de Genève s’indignent de voir trois grands
absents dans ce débat: Dieu et le cinquième commandement «Tu ne tueras
pas», l’enfant à naître et finalement la femme blessée avant et après
l’avortement. «Accepter la discussion c’est admettre implicitement qu’il
n’y a pas de vie, donc pas de crime. Ce qui est contraire à la position de
l’Eglise et du PDC suisse».
La femme doit avoir le droit de choisir la méthode sans que cela ne modifie d’un iota la position de base du PDC, répond Brigitte Hauser-Süess,
présidente des femmes PDC suisse. Au vote elle sera suivie par la grande
majorité des quelque 80 personnes présentes qui se prononcent pour l’introduction sous conditions de la RU 486 en Suisse. (cf nouvelle apic du 14
mars). (apic/mp)



