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apic/Ruiz/Suisse/Visite attendue

L’évêque mexicain Samuel Ruiz en Suisse fin février

Une visite attendue par les milieux oecuméniques (070296)

Berne, 7février(APIC) Invité d’honneur lors de l’ouverture de la Campagne

de Carême 1996, le 25 février à Genève, Mgr Samuel Ruiz, évêque du diocèse

mexicain de San Cristobal de Las Casas, dans le Chiapas, apportera son témoignage dans le cadre de la campagne oecuménique organisée conjointement

par l’Action de Carême et Pain pour le Prochain. Une campagne dont le thème

est cette année axé sur l’échange interculturel et la pluralité de cultures.

L’évêque Ruiz, âgé de 72 ans, est l’une des personnalités les plus connues de l’Eglise catholique en Amérique latine: il exerce depuis plus de 30

ans la charge d’évêque de San Cristobal de Las Casas, au Chiapas (le premier évêque de ce diocèse, au XVIe siècle, fut Bartolomé de Las Casas, connu pour sa défense des populations autochtones contre les exactions de conquérants espagnols).

Le travail pastoral dans son diocèse, profondément lié à un engagement

socio-politique, est passé au premier plan lorsque, le 1er janvier 1994,

l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) a déclenché le plus grand

soulèvement autochtone qui se soit produit durant les dernières décennies

en Amérique latine.

Quelques semaines après cet événement, en février de cette même année,

Samuel Ruiz a exercé le rôle délicat de médiateur dans le conflit entre

l’EZLN et le gouvernement central.

Durant les deux années passées, Mgr Ruiz a joué un rôle-clé dans la recherche d’une solution négociée au conflit dans cette région explosive du

Sud-Est mexicain. Fin 1995, l’EZLN a décidé de se transformer en force politique «légale» et a pris le nom de Front zapatiste de libération nationale.

L’infatigable médiateur

Durant la visite de Jean-Paul II au Mexique en 1993, l’évêque Ruiz avait

présenté personnellement au pape une lettre pastorale intitulée «En cette

heure de grâce», dans laquelle il dénonçait alors déjà énergiquement la

barbarie commise contre les dépossédés au nom de la modernité et du néolibéralisme. L’un des paragraphes de cette lettre disait textuellement: «Les

puissants, les riches, les cantiniers sucent notre sang».

En raison de son action infatigable de médiation en faveur d’une solution pacifique au Chiapas, Mgr Ruiz a été présenté, en 1995, comme candidat

au Prix Nobel de la paix. Sa candidature a reçu un appui significatif dans

toute l’Amérique latine et en Europe.

«La réalité du Chiapas, assumée à partir de la foi, nous a permis comme

Eglise diocésaine – tant à moi-même qu’à mes frères prêtres, aux religieuses et aux religieux, aux laïcs engagés dans la vie et la mission de

cette Eglise – d’expérimenter d’une façon nouvelle Dieu, père de Notre

Seigneur Jésus Christ…», relevait Mgr Ruiz, dans l’une de ses dernières

lettres pastorales, datée d’octobre 1995.

La présence de l’évêque de San Cristobal de Las Casas suscite une attente particulière dans les milieux oecuméniques suisses, qui l’attendent le

25 février à Genève et le jour suivant à Berne. (apic/eni/pr)

7 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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