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apic/Russie/ Commémoration fin de la guerre
Moscou: l’Eglise russe et la commémoration de la 2e guerre mondiale
«La guerre fut un combat spirituel entre Dieu et le démon» (110595)
Moscou, 11mai(APIC) Les grandes souffrances et le lourd tribut payé à la
guerre – 26,559 millions de morts tués, selon le président Eltsine – ont
fait de l’anniversaire du jour de la victoire en Europe un événement important en Russie, où il est traditionnellement célébré le 9 mai.
A l’heure des commémorations, la localité de Troparevo, dans la banlieue
de Moscou, inaugurait son monument aux morts de la «grande guerre patriotique», à côté de l’église de St-Michel archange. L’église de Troparevo, qui
date du 17e siècle, a été rouverte en 1989 et elle est aujourd’hui l’une
des paroisses les plus vivantes de Moscou.
Ce monument «est notre don et notre hommage à la mémoire des morts», a
déclaré Georgi Studenov, doyen de l’Eglise. «Nous avons fait appel aux paroissiens et ils ont pu retrouver tous les noms des habitants de cette région qui sont morts durant la guerre.» Ces noms sont aujourd’hui gravés sur
le monument qui jouxte l’église.
Au centre du monument se trouve une croix byzantine en pierre calcaire
avec un relief sculpté représentant le Christ d’un côté et saint Georges et
le dragon de l’autre. L’artiste Oleg Vorobshchuk a sculpté la croix durant
les 40 jours du Carême, observant un jeûne strict et dormant dans une petite baraque aux abords de l’église.
L’Eglise russe force d’unification nationale
Ce monument symbolise aussi le rôle de l’Eglise orthodoxe russe durant
la guerre comme force d’unification nationale et source d’élan patriotique.
Ce que les historiens n’ont pas manqué de rappeler. Sous le régime de Staline, les autorités soviétiques, pour mobiliser les forces spirituelles de
l’Eglise en temps de guerre, avaient entrepris une réhabilitation partielle
de celle-ci, après les persécutions menées contre les chrétiens dans les
années 20 et 30.
En décembre dernier, les évêques de l’Eglise orthodoxe russe ont décidé
d’inclure le 9 mai comme jour de commémoration dans le calendrier liturgique de l’Eglise. Au début mai, Alexis II, patriarche de Moscou, a publié
avec le Synode une lettre à l’occasion des célébrations, dans laquelle il
souligne que «la grande guerre patriotique» n’a pas été seulement le choc
des armées. «Ce fut aussi un combat spirituel, un combat que se livraient
Dieu et le démon, dans notre patrie multinationale transformée en champ de
bataille (…) La puissance de Dieu a soutenu notre peuple parce que nous
luttions pour la vérité et parce que le Seigneur a vu que son peuple
s’était uni pour sauvegarder la vie et la paix, malgré l’idéologie athée et
le totalitarisme qui gouvernaient alors le pays.» (apic/eni/mp)



