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apic/Rwanda/Administrateurs apostoliques

Rome: le pape nomme cinq administrateurs apostoliques au Rwanda (051294)

Dans l’attente du rétablissement de la hiérarchie catholique

Rome, 5décembre(APIC) Le pape Jean-Paul II a nommé cinq administrateurs

apostoliques dans les diocèses du Rwanda privés de leur pasteur.

Selon le terme technique, il s’agit d’administrateurs «sede vacante et

ad nutum Sanctae Sedis», ce qui signifie que le siège était vacant ou empêché et que le Saint-Siège procède à la nomination, à titre transitoire et

de sa propre initiative, sans solliciter l’agrément du gouvernement. Dans

trois des cinq diocèses, l’administrateur est l’évêque d’un des diocèses

voisins qui garde cependant la charge de sa propre juridiction.

L’archidiocèse de Kigali est confié à Mgr Thaddée Ntihinyurwa, évêque de

Cyangugu, le diocèse de Byumba à Mgr Frédéric Rubwejanga, évêque de Kibungo, celui de Gikongoro à Mgr Jean-Baptiste Gahamanyi, évêque de Butare, le

diocèse de Kabgayi à l’abbé Sibomana, du clergé diocésain, et celui de Ruhengeri au Père Blanc Antonio Martinez.

Plusieurs régions restent sans prêtres

Rappelons que l’archevêque de Kigali, les évêques de Kabgayi et de Byumba ont été tués le 7 juin à Kabgayi par des soldats du Front patriotique

Rwandais (FPR) chargés de les garder. Les évêques de Gikingoro et de Ruhengeri, de leur côté, se trouvent actuellement réfugiés à l’étranger.

Selon une note rédigée par l’abbé Joseph Ngomanzungu, du secrétariat de

la Conférence épiscopale, l’Eglise du Rwanda a été très éprouvée ces derniers mois. Une grande partie des prêtres rescapés est actuellement réfugiée à l’étranger, et les conditions de sécurité ne sont pas encore favorables à leur rapatriement. Beaucoup de diocèses restent sans prêtres. Dans

certains d’entre eux, comme Gikongoro, Byumba et Ruhengeri, on ne trouve

que deux ou trois prêtres pour les besoins pastoraux. Les religieuses restées au pays «n’ont pas encore le coeur tout à fait libéré des traumatismes

de la guerre et de la peur». Un prêtre de Butare et un autre de Gikongoro,

deux Soeurs Pénitentes de saint François d’Assise et un grand séminariste

sont en prison. Deux tiers des séminaristes sont réfugiés à l’étranger.

«L’Eglise du Rwanda ne voit pas comment assurer la poursuite de leur formation sacerdotale».

La note ajoute que, matériellement, l’Eglise, tout comme le reste du

pays, a été ruinée: «La plupart de ses infrastructures ont été détruites,

les autres saccagées et le reste occupé. Plusieurs de ses bâtiments ont été

transformés en camps militaires, en prisons ou en orphelinats. Un évêché a

été transformé en étable, un autre en orphelinat. Les Eglises, les chapelles et les couvents ont été profanés.» L’Eglise doit surtout «se remettre

debout sur le plan moral et spirituel», souligne l’abbé Ngomanzungu, invitant le personnel encore sur place à «prendre son courage à deux mains pour

réconcilier les frères qui se rejettent, alors qu’ils sont appelés à se

pardonner et à vivre ensemble». (apic/cip/mp)

5 décembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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