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apic/Rwanda/Gr.Jérémie

Rwanda: le Groupe Jérémie dénonce l’aide de l’Occident à Kigali

Alors que le régime pratique un génocide sélectif

et rend impossible le retour de 2 millions de réfugiés (270195)

Kigali, 27janvier(APIC) Le groupe Jérémie de Bukavu, un groupement de défense des droits de l’homme, dénonce l’aide apportée par l’Occident au régime de Kigali, alors qu’un véritable génocide sélectif se poursuit au

Rwanda. «Gouvernements occidentaux, vous ne pourrez pas dire: on ne savait

pas!», avertit le groupe Jérémie (GJ). Son message est clair: aider sans

condition un régime qui pratique un «génocide sélectif» et qui rend impossible le retour de deux millions de réfugiés est «inadmissible».

Selon le GJ, des «nouvelles objectives et alarmantes en provenance du

Rwanda font penser qu’un génocide est en cours dans ce pays. Montrant du

doigt le Front patriotique rwandais (FPR), il déplore l’octroi d’un don de

560 millions de dollars des pays occidentaux au gouvernement de Kigali.

Dans plusieurs préfectures, Gikongoro et Gitarama, entre autres, les

disparitions sont «extrêmement nombreuses»; les personnes sont enlevées de

nuit «selon des listes et sur simple accusation, dénonciation ou règlement

de compte» et «disparaissent à jamais», dénonce-t-il.

Tous les «déplacés» des camps de Gikongoro et Kibeho doivent rentrer

dans leur région d’origine. Parmi elles, des dizaines de milliers proviennent du Bugesera. Le GJ pose alors la question: qu’adviendra-t-il quand ils

arriveront chez eux et trouveront leurs propriétés occupées par des Tutsis

venant du Burundi? De plus, ajoute-t-il, lors du changement intervenu sur

la monnaie, début janvier, la plupart des «déplacés» n’ont pas eu la permission de changer leur argent (les réfugiés du Zaïre non plus, la frontière leur étant fermée). Et d’énumérer une série d’accusations: les prisons

«sont surpeuplées et ressemblent à des camps de concentration»; l’existence

au Rwanda de nombreux centres de détention dans des maisons privées transformées en cachots; le contrôle exercé le long des route par les soldats du

FPR, qui lisent le courrier emporté par les passagers des taxis-bus.

«Bref, écrit aujourd’hui le Groupe Jérémie, on assiste au Rwanda à

l’instauration d’un Etat policier, d’un régime de terreur, et à un génocide

sélectif perpétré à l’encontre des Hutus restés au pays. Les milliers de

réfugiés qui continuent à arriver à Bukavu ces derniers jours en témoignent. Que fuient-ils, sinon la mort? Ayant des preuves formelles d’un massacre dans le nord du pays, la MINUAR a fait rapport à New York. Rapport

resté sans suite… Pourquoi ?»

Et le GJ de s’interroger: «Comment des pays démocratiques peuvent-ils

aider sans condition le pouvoir de Kigali, qui pratique un génocide sélectif sur les Hutus et qui, dans les faits, décourage et rend impossible le

retour au pays des deux millions de réfugiés du Zaïre? Ce n’est pas admissible!» Le Groupe Jérémie lance un appel pressant à l’Occident «pour que

cette aide soit conditionnée par la recherche d’une solution politique négociée entre tous les Rwandais, permettant le partage réel du pouvoir, le

respect des droits de l’homme et le retour des réfugiés». (apic/cip/pr)

27 janvier 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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