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apic/Rwanda/Obsèques annulées
Rwanda: Annulation des obsèques des évêques assassinés en juin 94
Suspendues et remises à plus tard, indique la Conférence épiscopale(050695)
Kigali, 5juin(APIC) Les obsèques des évêques assassinés au Rwanda en juin
1994 n’auront pas lieu comme prévu les 5, 6 et 7 juin, annonce la conférence épiscopale du Rwanda, qui invoque «des raisons indépendantes de sa
volonté».
Les obsèques «sont suspendues et remises à plus tard», indique un communiqué des évêques publié le 29 mai à Kigali, qui vient de parvenir à Bruxelles. Soit le même jour où l’Assemblée nationale rwandaise a examiné la
question des obsèques des trois évêques, à savoir Mgr Vincent Nsengiyumva,
archevêque de Kigali, Mgr Thaddée Nsengiyumva, évêque de Kabgayi et président de la Conférence épiscopale (aucun lien de parenté avec le premier),
et Mgr Joseph Ruzindana, évêque de Byumba, tués le 7 juin à Kabgayi, en même temps que dix prêtres, par quatre soldats du Front patriotique rwandais
(FPR) chargés de les garder.
L’Assemblée nationale a demandé aux évêques de suspendre les obsèques
«tant que les tribunaux habilités n’auront pas fini de juger les criminels
du Rwanda». Jugeant que les obsèques «seraient de nature vexatoire et pourraient susciter l’insécurité dans le pays», l’Assemblée nationale a en outre demandé aux instances judiciaires de poursuivre ses organisateurs. Elle
a enfin annoncé qu’elle votera rapidement «une loi interdisant les obsèques
des auteurs de crimes, quels qu’ils soient». Un projet de résolution, signé
par le député Vales Kajeguhakwa, demandait par ailleurs au pape de rayer
Mgr Nsengiyumva de la liste des fidèles de l’Eglise catholique, aux évêques
de ne pas lui offrir une sépulture «où que ce soit, surtout pas dans la
cathédrale Saint-Michel», et au gouvernement de «lui retirer la nationalité
rwandaise, bien qu’il soit mort».
Un appel des évêques
Dans un message adopté au terme de leur réunion du 29 mai, les évêques
du Rwanda présentent leurs condoléances à ceux qui ont perdu les leurs dans
les camps de Kibeho et de la région de Nyaruguru et de Buyenzi. Condamnant
à nouveau les actes de génocide et de massacre, ils invitent les Rwandais à
«déraciner définitivement du fond d’eux-mêmes les intentions malveillantes
d’extermination réciproque». Les évêques demandent aux autorités du pays de
«contrecarrer tout ce qui pourrait amener les Rwandais à retomber dans les
massacres». Ils invitent l’Etat à «tout faire» pour que soient mises en
place les instances judiciaires et se réjouissent de «sa décision de ne pas
mettre en prison des personnes non coupables de graves délits; ils lui demandent aussi de trouver une solution au problème des détenus qui, en prison, «meurent étouffés ou des suites de mauvaises conditions de détention»,
d’assurer «le premier droit de la personne humaine, à savoir le droit à la
vie» et de garantir la sécurité des réfugiés et déplacés, ainsi que de
leurs biens.
Les sept membres de la Conférence épiscopale du Rwanda terminent par «un
pressant appel à tous les Rwandais pour qu’ils renoncent résolument à la
voie pernicieuse caractérisée par les déchirements réciproques, la méfiance, la diffamation, les dénonciations arbitraires, la vengeance et l’extermination», et de «mettre en avant en priorité ce qui contribue à l’accroissement des vertus de confiance mutuelle, de pardon et de réconciliation».
Le Rwanda, écrivent-ils, «ne connaîtra pas une ère de paix aussi longtemps
que certaines personnes subiront des tracasseries et que se pratiquera
l’accaparement des maigres ressources du pays sans aucune volonté de partage». (apic/cip/pr)



