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Rwanda: message des évêques un an après: «Plus jamais une telle tragédie»

Bruxelles, 7 avril 1995 (APIC/CIP) A l’occasion du premier anniversaire de

la tragédie d’avril 1994, les évêques du Rwanda ont livré à tous les Rwandais un «message de compassion et de réconfort». Daté du 30 mars, le message rappelle que l’Eglise «à l’image de tout le pays, a été éprouvée par la

perte d’un grand nombre de ses enfants» et qu’elle partage la douleur de

tous ceux qui «ont été confrontés à l’horreur sous toutes ses formes» : parents, auxquels on a ravi leurs enfants pour les tuer, orphelins, veufs,

blessés, handicapés, déplacés, réfugiés, traumatisés, les accompagnant dans

la mesure de ses moyens.

Les évêques invitent notamment tous les Rwandais à «se mobiliser pour

enterrer dignement les restes des victimes se trouvant encore sur les collines; que les tombes soient bien entretenues et qu’il y ait des symboles

qui invitent tout passant à prier pour ceux qui y reposent». Ils demandent

instamment que les cérémonies d’inhumation des restes des victimes de la

tragédie soient «dépouillées de tout comportement et de toute parole de nature à aggraver et à provoquer des conflits».

Selon sa tradition, l’Eglise continuera à porter dans ses prières toutes

les victimes, écrivent les évêques. Elle «signe de tout coeur en faveur de

la coutume rwandaise d’honorer les morts par une sépulture digne» et souhaite que soient érigés des symboles en mémoire des défunts. «Cependant,

ajoutent les évêques, gardons en mémoire que l’Eglise, temple de Dieu, lieu

où nous célébrons le sacrifice de Jésus mort et ressuscité pour nous donner

la vie, constitue elle-même le signe par excellence qui nous incite à prier

pour nos morts et à fixer nos regards sur la vie éternelle. Si beaucoup de

personnes aiment chercher refuge à l’église, et si l’année passée certains

y ont succombé, c’est comparable à des enfants qui, en quête de refuge,

trouvent la mort dans les bras de leur mère. Ainsi, comme toujours, l’Eglise continuera de prier pour les défunts.»

Après avoir condamné une fois encore «les actes de massacres et de génocide qui ont marqué l’année passée», les évêques écrivent: «Nous demandons

à tous ceux qui aiment la paix de s’interdire et de combattre tout projet

visant à recommencer une telle tragédie. Il reste impératif que chacun se

rappelle toujours la valeur de la personne humaine et se garde de lui ravir

la vie. Ceci constitue une loi absolue de Dieu; tout le monde voudrait que

sa vie soit respectée; que chacun respecte donc la vie des autres et agisse

en conséquence.»

Les observateurs s’étonnent cependant du soin mis par les évêques rwandais a éviter toute allusion concrète à la situation actuelle du pays. En

particulier le jugement des criminels, la retour des refugiés et les réparations en faveur des victimes. (apic/cip/mp)

7 avril 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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