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Genève:Le Saint-Siège plaide pour la protection des réfugiés(131096)

Intervention devant le Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés

Genève/Rome, 13octobre (APIC) Pour toute recherche de solution au problème

des réfugiés, la règle d’or doit être le principe du «choix volontaire» et

de la «protection du réfugié», a déclaré Mgr Giuseppe Bertello, observateur

permanent du Saint-Siège, devant le Comité exécutif du Haut Commissariat de

l’ONU pour les Réfugiés, réuni la semaine dernière à Genève.

Certes, la tâche est ardue, a reconnu le représentant du Vatican, qui a

mis le doigt sur deux causes des difficultés actuelles : l’exode massif de

groupes numériquement importants et même de communautés entières; la notion

d’»asile temporaire» prôné par plusieurs pays de premier asile.

En quête de solutions durables

Mais, a poursuivi Mgr Bertello, il faut trouver des solutions durables

et d’abord préventives. La prévention suppose une analyse des causes, a encore souligné l’observateur du St-Siège. Nombreux sont ceux qui fuient leur

pays suite à des renversements politiques et des guerres civiles, provoqués

par trois causes majeures:des rivalités ethniques et même religieuses; des

violations massives des droits de l’homme et des minorités; un marché des

armes en expansion. Tout cela ne peut qu’engendrer, selon Mgr Bertello, la

destruction de la vie économique et du tissu social avec leurs corollaires

tragiques: marginalisation et paupérisation de masse.

La communauté internationale doit prendre ses responsabilités

Le représentant du Saint-Siège n’attend pas du Haut Commissariat qu’il

déborde son mandat: éliminer les causes est une tâche qui incombe à la

communauté internationale. C’est donc à celle-ci et à ses organisations que

Mgr Bertello suggère de promouvoir avant tout un développement qui ne se

limite pas à la sphère économique, mais qui affirme la dignité de la personne humaine par la promotion de ses droits.

Deuxième suggestion : en cas de nécessité, une «intervention appropriée»

de façon à prévenir l’éclatement d’un nouveau conflit. Mgr Bertello cite

comme exemple heureux le rapatriement des réfugiés du Mozambique et la Conférence sur la Communauté des Etats Indépendants et son programme d’action.

Mgr Bertello n’a pu taire une question toujours irrésolue : «Quelle serait aujourd’hui la situation dans la région des Grands Lacs, si la communauté internationale avait contribué à résoudre pacifiquement en son temps

le problème de ceux que l’on appelle les anciens réfugiés rwandais ?»

Pour le représentant du Saint-Siège, le principe du «choix volontaire»

et de la protection du réfugié va de pair avec le respect des droits de

l’homme. «Y compris pour ceux qui attendent l’examen de leur statut», a-til insisté. Ensuite, il reste à faire évoluer la situation dans le pays

d’origine : promotion de l’Etat de droit, respect des droits de l’homme,

sans discrimination, justice et projet de développement, soutenu par la

communauté internationale.

Enfin, pour le Saint-Siège, il faut impérativement lutter contre la prolifération du «trafic d’armes». Concrètement: il faut démilitariser les

camps de réfugiés et séparer les éléments armés et les miliciens des civils. Finalement, le réfugié doit rester libre de choisir son rapatriement,

dans le cadre d’un véritable programme. (apic/imed/be)

13 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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