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apic/Salvador/Bilan
El Salvador: difficile transition vers la démocratie (021294)
Détérioration croissante des conditions de vie en milieux populaires
Berne, 2décembre(APIC) Malgré les progrès réels dans la démilitarisation
de la société salvadorienne, les conditions de vie des secteurs populaires
connaissent depuis quelques mois une détérioration croissante. Alors même
que le «Débat national pour la paix» se poursuit. Un débat auquel participent activement les Eglises, tant protestantes que catholique.
De passage en Suisse avec une délégation chargée de rencontrer
différents organismes suisses et internationaux, Jorge Calderon, membre de
la direction du Comité des employés licenciés et des chômeurs du Salvador
(CODYDES), a fait le point: «Nous vivons l’imposition d’un modèle
néo-libéral rigide, dicté par le Nord, qui propose la privatisation des
services publics et la dérégulation du marché du travail. Cette politique a
eu des conséquences négatives pour la population», a déclaré à l’Agence ENI
le jeune syndicaliste.
Qualifiant la situation actuelle du Salvador, depuis la signature des
accords de paix entre la guérilla et le gouvernement (janvier 1992), de
transitoire, il a mentionné quelques-uns des principaux obstacles à la
construction d’une pleine démocratie: extrême inégalité économique et manque de liberté réelle pour le mouvement syndical. «Par exemple, une ordonnance empêche les syndicats de manifester dans la rue».
En analysant l’actuelle dynamique socio-politique du Salvador, J. Calderon a souligné le rôle significatif des Eglises dans la consolidation de la
paix.
Eglises impliquées
«En 1987, notre syndicat a été invité à participer au ’Débat national
pour la paix’. L’Eglise catholique a été l’initiatrice de cette démarche,
qui a pris un caractère oecuménique. Des représentants des différentes organisations populaires, de l’Eglise catholique-romaine et de plusieurs
Eglises protestantes participent à ce débat national. L’évêque luthérien
Medardo Gomez, qui en fut l’un des principaux promoteurs, continue à jouer
un rôle actif.
«C’est une personnalité qui jouit d’un grand prestige au sein du mouvement populaire, car il défend une pensée libre et progressiste qui ne fait
l’objet d’aucune instrumentalisation», a souligné J. Calderon. Qui relève
aussi la nette influence de l’Eglise catholique au sein de la population
rurale.
La hiérarchie catholique, fait-il remarquer, critique aujourd’hui le
gouvernement et les partis politiques, ainsi que la situation sociale et le
modèle économique. Néanmoins, il s’agit d’une «position plus rhétorique
qu’auparavant», compréhensible d’une certaine manière étant donné «la nouvelle situation du pays».
Le CODYDES, qui regroupe plus de 1’000 affiliés, et qui est animé en
permanence par 40 personnes, apporte une assistance juridique et un accompagnement varié dans dix départements du pays. La recherche de formes alternatives d’emplois, ainsi que le souci d’améliorer la législation du travail, sont deux priorités actuelles du mouvement.
Une culture de concertation
Dans les quatre mois à venir, le CODYDES prévoit de lancer un débat au
sein du mouvement syndical et de la société civile dans son ensemble, en
vue de présenter ensuite à l’Assemblée législative une nouvelle loi sur le
statut des travailleurs, l’allocation-chômage et les bourses du travail.
J. Calderon, qui assume une bonne part des responsabilités de ce projet,
a insisté sur les efforts du mouvement syndical pour acquérir l’»autonomie»
de pensée et d’action. «Nous essayons de créer une culture de concertation
et de multipartisme à l’intérieur du mouvement syndical».
Le programme de travail de la délégation, durant son voyage en Suisse,
comprenait notamment une visite à la Fédération luthérienne mondiale (FLM)
à Genève. Depuis trois ans, celle-ci aide une clinique populaire administrée par le CODYDES à San Marcos, un quartier proche de la capitale salvadorienne. (apic/eni/pr)



