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apic/San Cristobal de las Casas/nouveau coadjuteur
Mexique: Un coadjuteur avec le droit de succession (140895)
pour le diocèse de San Cristobal de las Casas
Rome, 14août(APIC) Mgr Samuel Ruiz Garcia, mondialement connu pour sa médiation dans le conflit dans l’Etat mexicain du Chiapas, aura désormais un
coadjuteur avec droit de succession. Le pape Jean Paul II a en effet nommé
lundi Mgr Raul Vera Lopez, dominicain, évêque coadjuteur de San Cristobal
de las Casas, au Mexique. Mgr Vera Lopez était jusqu’à présent évêque du
diocèse de Ciudad Altamirano.
A San Cristobal de las Casas, où la nouvelle est tombée lundi matin à
l’évêché, en l’absence de Mgr Ruiz, en déplacement à Mexico, on se déclare
surpris par cette décision, «Même si on s’y attendait», a-t-on déclaré à
l’APIC. Comment interpréter la décision du Vatican? Comme une mise sous tutelle de Mgr Ruiz, ainsi qu’on le murmure dans le Chiapas? «Le pape a jugé
opportun qu’un évêque comme Mgr Ruiz puisse disposer d’un collaborateur…
Et dans ce cas d’un évêque coadjuteur», précise Mgr Ramon Godinez Flores,
secrétaire de la Conférence des évêques du Mexique, joint par téléphone. A
la demande de Mgr Ruiz? «Seul Mgr Ruiz peut donner une réponse à cette question»… dit-il.
Mgr Raul Vera Lopez est né en 1945 à Acambaro, au Mexique. Après avoir
obtenu une licence en chimie à Mexico, il entre dans l’Ordre des frères
prédicateurs en 1972. Le nouveau coadjuteur de San Cristobal de las Casas a
ensuite étudié la théologie à Mexico, à Bologne et à Rome.
Le 29 juin 1975, Mgr Vera Lopez a reçu l’ordination sacerdotale et a été
consacré évêque le 6 janvier 1988. Comme évêque de Ciudad Altamirano, il a
participé au Synode des évêque sur la vie consacrée en 1994.
Une démission de Mgr Ruiz Garcia en vue?
Les observateurs s’interrogent sur la signification de cette nomination.
De nombreuses rumeurs ont en effet couru sur des pressions exercées sur Mgr
Ruiz Garcia par le nonce apostolique au Mexique et par le Vatican. En
février dernier, le cardinal Juan Sandoval Iniguez, archévêque de Guadalajara, admettait lors d’une interview accordée à l’APIC que le Vatican avait
demandé à plusieurs reprises la démission de Mgr Ruiz Garcia. Des bruits
sur une possible démission forcée de l’évêque se sont encore propagés récemment. Ils ont cependant été démenti le 8 août dernier par Mgr Girolamo
Prigione, nonce apostolique au Mexique, ainsi que par la Salle de presse du
Vatican.
Depuis le début du conflit entre l’armée gouvernementale et les insurgés
zapatistes dans l’Etat mexicain du Chiapas, en 1994, Mgr Ruiz Garcia a gagné l’inimitié des dirigeants économiques et des politiciens du parti gouvernemental qui lui reprochent son engagement dans la défense des droits
des indigènes. Certains évêques mexicains regardent également avec méfiance
les engagements sociaux de «l’évêque des Indiens». Ses détracteurs lui reprochent en outre «une lecture réductrice de l’Evangile, influenée par le
marxisme, ainsi qu’une pastorale non-conforme». Il avait du reste été convoqué à Mexico par Mgr Prigione. Ce dernier l’ayant alors invité à signer
«de son plein gré» une lettre de démission. (apic/com/fs)




