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apic/Sant’Egidio/dialogue entre Algériens

Rome: rencontre sous l’égide de Sant’Egidio (100195)

Pour trouver le chemin du dialogue en Algérie

Rome, 10janvier(APIC) «Le dialogue n’a jamais eu lieu en Algérie, du fait

que le champ médiatique et politique a été verrouillé par le pouvoir».

C’est ce qu’a déclaré Abdennour Ali Yahia, président de la Ligue algérienne

des Droits de l’Homme, lors de la rencontre entre Algériens de différentes

tendances politiques qui se tient actuellement à Rome sous l’égide de la

communauté catholique Sant’Egidio.

Ali Yahia a déclaré devant les journalistes que les travaux de la rencontre se déroulent dans un «climat fraternel et décontracté», avec pour

seul but «d’indiquer des solutions, qui devront êtres trouvées en Algérie

avec le peuple algérien». Il a ajouté qu’une solution aux problèmes algériens «ne peut être trouvée que si on réussit d’abord à arrêter les effusions de sang dans le pays, où des milliers de personnes meurent à cause de

la violence».

Une occasion de dialogue seulement

Andrea Riccardi, porte-parole de la Communauté de Sant’Egidio, a tenu à

préciser de son côté que l’initiative d’organiser cette nouvelle rencontre

ne peut être considérée comme une ingérence dans les affaires internes de

quelque pays que ce soit. «La seule solution possible demeure dans un dialogue entre Algériens en Algérie», a-t-il ajouté. La Communauté veut seulement offrir une occasion de dialogue franc et libre entre les protagonistes

de la vie sociale et politique en Algérie, car «des milliers de morts ne

peuvent nous laisser indifférents».

«Nous n’avons aucun ennemi, même pas ceux qui sont inquiets de cette occasion de libre rencontre. La Communauté de Sant’Egidio est un ensemble

d’associations amies du peuple algérien, engagées dans la tentative de

créer les fils du dialogue oecuménique et interreligieux en faveur de la

paix», a ajouté Andrea Riccardi, s’adressant tout particulièrement au gouvernement et aux militaires algériens, qui ne voient pas d’un bon oeil cette rencontre.

Andrea Riccardi a exprimé au nom de Sant’Egidio le souci de voir se réaliser «une plate-forme commune» qui permettra d’offrir des propositions de

paix au gouvernement. Après avoir rappelé les diverses tentatives, sans

succès, de la communauté internationale pour insérer les partis en lutte

dans un dialogue de paix, il a également souligné la nécessité «de recomposer la pluralité des voix pour qu’on puisse arriver à une plate-forme concrète de paix». Le premier but de l’initiative est avant tout de faire en

sorte que les civils soient épargnés par la violence absurde, «une violence

multiple qui est née d’un processus démocratique interrompu». Selon Andrea

Riccardi, le Front Islamique du Salut (FIS) ne peut être considéré comme

l’unique responsable de la dégradation actuelle. (apic/jmg/ba)

E N C A D R E

Le Vatican n’est pas impliqué dans la rencontre sur l’Algérie

Le Saint-Siège n’est pas impliqué dans l’organisation de la rencontre

qui réunit des représentants de l’opposition algérienne à l’initiative de

la Communauté de Sant’Egidio, a affirmé mardi Joaquin Navarro Valls, directeur de la salle de presse du Saint-Siège.

Le porte-parole du Saint-Siège a indiqué que cette nouvelle rencontre

sur la situation en Algérie organisée par la Communauté de Sant’Egidio est

«une initiative autonome, indépendante du Saint-Siège et qui n’a pas été

mise sur pied en lien avec la Secrétairerie d’Etat».

Précisant que «notre position n’est pas tactique», Joaquin Navarro Valls

a ajouté que «la Communauté de Sant’Egidio est une association de laïcs

susceptible de prendre des initiatives de façon pleinement autonome», si

bien qu’»il serait incorrect de faire croire qu’il y ait un lien entre ses

initiatives et le Saint-Siège». (apic/jmg/ba)

10 janvier 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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