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Prague: débat oecuménique sur la canonisation de Jan Sarkander (141294)
L’image du contre-réformateur ne doit pas assombrir le dialogue
Prague, 14décembre(APIC) La canonisation prévue du contre-réformateur
tchèque Jan Sarkander (1576-1620), que le pape Jean Paul II présidera luimême le 22 mai prochain à Olomouc, a suscité des réactions critiques des
Eglises protestantes de Tchéquie. Un colloque, regroupant à Prague historiens et théologiens catholiques et réformés, a permis de faire le point
sur la personnalité et l’oeuvre de Jan Sarkander et sa place dans le dialogue oecuménique actuel.
Par cette canonisation, l’Eglise catholique n’entend en aucun cas réveiller les conflits et les querelles de la Contre-Réforme, a expliqué au
correspondant de l’APIC Tomas Halik, président de l’Académie chrétienne
tchèque. «Sarkander ne doit pas devenir une figure symbolique qui viendrait
ternir les rapports oecuméniques désormais bien développés en Tchéquie».
Les représentants de l’Eglise évangélique ont souligné de leur côté que
canoniser un prêtre qui a participé à la recatholicisation violente de la
Bohème et de la Moravie constitue un grave revers pour le dialogue oecuménique. Les historiens sont cependant tombés d’accord pour reconnaître que
Sarkander n’avait jamais participé lui-même à des actes de violence. «Il
est plutôt une victime du principe ’cujus regio, ejus religio’ qui prévalait alors très largement dans les deux camps», relève Tomas Halik. La cérémonie de canonisation doit par ailleurs faire mémoire des victimes de la
Contre-Réforme qui en Bohème ont été nettement plus nombreuses du côté réformé que du côté catholique. L’intolérance religieuse de l’époque doit aujourd’hui faire place à l’esprit oecuménique, note le représentant catholique.
Ce premier colloque qui avait reçu le soutien officiel des hiérarchies
catholiques et protestantes, devrait être suivi d’une seconde rencontre.
(apic/kpr/mp)




