Canada: schisme au sein de l’Eglise ukrainienne catholique (100694)
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Le courant ’byzantin’ s’oppose à la ’latinisation’ de l’Eglise
Toronto, 10juin(APIC) Le conflit au sein de l’Eglise ukrainienne catholique du Canada s’envenime et on semble bien s’acheminer vers un schisme. Mgr
Isidore Borecky, évêque de Toronto des Ukrainiens, âgé de 83 ans, refuse de
céder sa juridiction à l’administrateur apostolique nommé par le Vatican,
Mgr Roman Danylak. Les Ukrainiens craignent une main-mise romaine.
Mgr Borecky a invité les prêtres à continuer à nommer son nom dans les
prières eucharistiques et à ne pas mentionner Mgr Danylak. Une grande partie du clergé uniate semble suivre Mgr Borecky. De nombreuses paroisses
ukrainiennes catholiques, qui sont concentrées surtout dans l’est du Canada, refusent de verser leur contribution financière à l’ordinariat dirigé
par Mgr Danilak pour envoyer leurs dons au bureau de Mgr Borecky. La situation est proche du schisme.
La Congréagtion pour les Eglises orientales, à Rome, demande depuis
plusieurs années à Mgr Borecky, âgé de 83 ans, de se retirer. L’évêque
passe pour un des principaux défenseurs d’un patriarcat ukrainien
catholique autonome. Il refuse en outre la règle qui veut, depuis le début
du siècle, que les Ukrainiens n’ordonnent pas d’hommes mariés en dehors de
leur «territoire d’origine». Malgré l’opposition de Rome, Mgr Borecky a
ordonné cinq hommes mariés, qui ont été suspendus par le Vatican. Ce qui
n’a pas empéché l’évêque de les nommer à des postes de chapelains.
A Rome on reproche en outre à Mgr Borecky de contourner cette règle en
envoyant des hommes mariés se faire ordonner diacre ou prêtre à Lviv en
Ukraine. C’est pourquoi en 1992, Rome a nommé Mgr Roman Danylak comme administrateur apostolique du diocèse. Mgr Danylak a reçu l’ordination épiscopale en mars 1993.
L’opposition au nouvel évêque s’est formée aussi bien parmi le clergé
que parmi les laïcs, qui condamnent ces mesures comme une tentative de Rome
pour latiniser les catholiques ukrainiens.
En arrière-fond de ce conflit, on trouve aussi le sens oecuménique bien
développé au Canada entre Ukrainiens catholiques et orthodoxes. Mgr Borekky, qui représente l’aile byzantine anti-romaine du catholicisme ukrainien,
a également établi des contacts étroits avec le patriarcat oecuménique de
Constantinople. Il trouve un bon écho parmi la jeunesse, alors que les générations plus âgées semblent plus attachées à Rome. On reproche à Mgr Danylak un esprit anti-oecuménique en refusant par exemple des liturgies communes avec les orthodoxes.
Un apaisement ne semble pas actuellement en vue. Le nonce apostolique a
invité plusieurs fois Mgr Borecky à démissionner. Ce dernier a récemment
réaffirmé dans un communiqué qu’il ne quitterait pas sa charge. (apic/kprmp)



