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apic/Secours Catholique/Campagne
France: Dix femmes «éducatrices de paix» dans le tiers monde témoignent
A l’invitation du Secours catholique (100295)
La grande misère des pays riches…
Paris, 10février(APIC) Dix militantes de différentes Caritas d’Asie,
d’Amérique latine et d’Afrique se sont exprimées jeudi 9 février à Paris,
pour témoigner des enjeux de l’Année internationale de la Tolérance et de
la Conférence mondiale des femmes à Pékin, mais aussi sur leur rôle d’éducatrices à la paix et leurs perceptions de la société française. Les dix
femmes, qui ont sillonné la France durant trois semaines, avaient répondu à
l’invitation du Secours catholique.
Si leurs réponses à certaines questions sont contrastées, elles rendent
compte de la spécificité des situations vécues – survivance de l’excision
des petites filles en Egypte, infanticide des bébés filles en Inde, systèmes de dot divers ou regroupement des femmes au Cameroun -, elles se sont
retrouvées pour contater d’une même voix leur découverte d’une réelle pauvreté et d’une non moins réelle exclusion en France aussi, dans une société
pourtant riche.
Les situations de solitude ont également frappé ces représentantes de
Caritas. Surprises qu’elles ont été de constater que si les femmes jouent
ici leur rôle au sein de la famille, elles restent souvent «encore sous la
domination de l’homme et que parfois même elles sont battues, marginalisées». «Nous avons découvert une société matériellement riche mais moralement en crise, où les gens se croisent sans toutefois se rencontrer», devait relever Rose-Marie Monaliance, une représentante des Caraïbes.
Comme une invitation…
Visage beau et noble d’indienne aymara, costume traditionnel, petit chapeau épinglé aux cheveux… deux longues nattes tressées dans le dos, Graciela Asqui Aguila, 40 ans, est responsable de la coordination des femmes
de la Prélature de Juli, dans les Andes péruviennes. Elle aussi se dit
frappée: «Les gens ici courent tout le temps, comme s’ils étaient désespérés». Quelles sont les actions de solidarité qui l’ont interpellée en France? Un groupe de femmes de Grenoble: elles achètent en gros des produits
alimentaires pour les revendre à des prix compétitifs à des personnes en
situation d’exclusion, ainsi que l’organisation d’une soupe populaire pour
les sans domicile fixe (SdF). Elle se dit aussi particulièrement impresionnée par la taille des exploitations agricoles… par les machines qui remplacent l’homme aux champs.
Ce modèle, Graciela ne l’envie pas. Elle craint qu’il ne crée du chômage
pour les enfants. La solitude? «Nous avons vu beaucoup de couples âgés
seuls, sans leurs enfants qui vivent loin d’eux. Chez moi, au Pérou, il y a
toujours des enfants ou petits-enfants et des voisins à nos côtés». Comme
une invitation. Et bien plus encore sans doute. (apic/jcn/pr)



