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apic/Sectes/ réaction évêques français

France: Réaction des évêques français au rapport (080296)

de la Commission parlementaire d’enquête sur les sectes

Respecter la dimension religieuse de l’homme,

pour mieux comprendre l’attrait des sectes

Paris, 8février(APIC) Le rapport de la Commission parlementaire d’enquête

sur les sectes a certes su éviter l’écueil d’une législation anti-sectes

qui serait dangereuse pour les libertés fondamentales de la pensée, d’association et de religion, mais regrette jeudi le secrétariat général de la

Conférence des évêques de France, des questions fondamentales – entre autres le respect de la dimension religieuse de l’homme -, ne sont pas évoquées et demeurent sans réponse.

Pour les évêques français, ces conditions fondamentales conditionnent la

solution à long terme du problème des sectes. Ils posent une première question: pourquoi les sectes progressent-elles, malgré toutes les mises en

garde et campagnes par les médias? Réponse des évêques: «parce que leurs

motivations sont d’ordre métaphysique et religieux et qu’elles questionnent

le sens de la vie». Ne pas tenir compte de cet appel de sens ou nier la dimension religieuse de l’homme, serait s’interdire la compréhension du phénomène et se priver de moyens pour le juguler.

Dans son approche «pastorale» du problème des sectes, l’Eglise catholique en France estime s’être attelée de longue date à cette tâche, avec des

bons résultats. La voie judiciaire a certes une place nécessaire, mais seule, elle ne peut débloquer des situations ni faciliter des réinsertions sociales.

Compréhension respectueuse

Il faut aider, dans une compréhension respectueuse, les adeptes des sectes dans leur cheminement. Telle est la conviction des évêques français. Et

permettre à ces adeptes de trouver éventuellement une autre voie que celle

de leur groupe. Pour poursuivre leur recherce de sens, de développement

personnel, de guérison, mais dans un complexe plus sain. Le rapport de la

commission parlementaire d’enquête n’en dit rien, regrettent les évêques.

«C’est pourtant là que réside pour une grande part la thérapie à long terme

du problème des sectes».

Information objective sur les sectes

La fin du communiqué s’attache à demander une meilleure information sur

les sectes. Les évêques français la veulent «objective, scientifique, impartiale et permanente». Seule une approche pluridisciplinaire, fondée sur

une bonne connaissance des phénomènes spirituels et religieux, à côté de

l’indispensable apport des sciences humaines, peut aboutir à cet objectif.

Les évêques exigent en outre que la composition du futur «Observatoire

interministériel» prévu par le rapport de la commission parlementaire, soit

public et transparent. En traitant de questions «religieuses», toutes les

grandes familles spirituelles, religieuses et de pensée devront y être représentées et par les seuls membres désignés par leurs instances respectives.

Les évêques, rappellent en conclusion que l’Eglise catholique a donné

depuis 20 ans des réponses concrètes au problème des sectes dans deux documents du Vatican, publiés en 1986 et en 1995. En France, sous la direction

de Mgr Jean Vernette, évêque de Montauban, le service national «pastorale

et sectes, nouvelles croyances» anime depuis 20 ans un ensemble de 60 délégués ou équipes diocésaines. Ces derniers essayent certes de dénoncer fermement les abus des sectes et certains leaders dangereux. Mais en même

temps, ils restent attentifs à apaiser les conflis familiaux nés d’une entrée dans une secte. Pour vraiment aider les adeptes d’une secte dans leur

cheminement. (apic/com/ba)

8 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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