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Singapour: L’exécution capitale d’une ressortissante (230395)
philippine remet en cause l’exercice de la justice
Manille, 23mars(APIC) L’exécution capitale la semaine dernière à Singapour de Flor Contemplacion, une femme de ménage philippine de 42 ans, accusée du meurtre d’un enfant et d’une jeune fille, relance le débat sur
l’exercice de la justice dans l’ancienne colonie anglaise. Les rapports se
multiplient qui font état de torture systématique par la police. Le peuple
philippin considère déjà Flor Contemplacion comme une «martyre nationale».
Il entend bien obtenir justice, même à titre posthume.
Quelques jours avant l’éxecution de Flor Contemplacion, de nouveaux témoignages avaient dénoncé «un complot» contre la femme de ménage philippine. Ce n’est pas elle qui aurait tué l’enfant de son employeur et la fille
au pair. L’enfant âgé de quatre ans se serait noyé dans sa baignoire lors
d’une crise d’épilepsie et le père aurait tué lui-même la jeune fille dans
un accès de colère. La famille a d’ailleurs quitté Singapour après les événements.
Les autorités de Singapour ont refusé d’entrer en matière sur ces témoignages se contentant de rapeller que Flor Contemplacion avait «avoué»
son crime. Mais après l’exécution, une Philippinne qui avait pu rendre visite à la condamnée dans le quartier de haute sécurité de la prison de
Changi, a rapporté que Flor Contemplacion lui avait raconté qu’elle était
torturée et droguée. Par ailleurs, la femme de ménage n’a pu choisir ellemême son défenseur. L’avocat désigné d’office lui aurait recommandé de reconnaître sa culpabilité et de plaider la maladie mentale. Lors du procès
aucun témoin à décharge n’a été cité, relève encore l’avocat de la famille
Contemplacion aux Philippines.
La population des Philippines et les organisations de défense des droits
de l’homme reprochent leur «négligence» aux gouvernements de Singapour et
des Philippines. A tel point que le président Fidel Ramos a dù promettre la
création d’une Commission chargée d’éclaircir l’affaire.
800 émigrés meurent chaque année suite à de mauvais traitements
Le cas de Flor Contemplacion remet en fait au devant de la scène le sort
des 2,5 millions de ressortissants philippins, travailleurs émigrés en Asie
et au Moyen-Orient. Plus de 800 travailleurs philippins meurent chaque année suite à de mauvais traitements par leur employeur, dénoncent les défenseurs des droits de l’homme. Selon le ministère des Affaires étrangères,
3’012 ouvriers philippins sont morts dans des «circonstances mystérieuses»
entre 1987 et 1990 dans les pays d’Asie et du Moyen-Orient. «Il s’agit de
bâtir enfin une nation où la pauvreté n’oblige pas les citoyens à partir
travailler à l’étranger», soulignent les évêques philippins dans leur message de condoléances à la famille de Flor Contemplacion.(apic/ucan/dac/mp)




