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apic/Sion/ BICE

Sion: Journées d’étude du BICE (080396)

La Suisse doit ratifier la Convention des droits de l’enfant

Sion, 8mars(APIC) La Suisse doit d’urgence ratifier la Convention internationale sur les droits de l’enfant. Elle est, avec les Etats-Unis, un des

rares Etats à ne l’avoir pas encore fait, dénoncent les participants aux

journées d’études organisées le 7 et 8 mars à Sion par le Bureau international catholique de l’enfance (BICE) et l’Institut international des

droits de l’enfant (IDE).

La Convention a été ratifiée par 187 Etats, la Suisse et les Etats-unis

sont parmi les rares réfractaires, souligne Jean Zermatten, Président du

Tribunal des mineurs de Sion et vice-président de l’Institut international

des droits de l’enfant (IDE).

Les droits des enfants en difficultés sociales: immigrés, handicapés,

issus de parents séparés ou divorcés, ont été au coeur des discussions des

quelque 40 participants, spécialistes de l’enfance venus de Suisse et de

l’étranger.

Le Bureau international catholique de l’enfance (BICE) centre son action

en Europe sur la mise en oeuvre dans tous les pays de véritables politiques

de l’enfance, c’est-à-dire basées sur le développement intégral de l’enfant, a expliqué François Rüegg. Pour le Secrétaire général du BICE, il

s’agit d’éviter deux tentations: celle de la technocratie qui prévoit des

solutions toutes faites et celle du libéralisme qui favorise trop exclusivement les droits individuels.

Qui parle du droit des enfants dit famille, souligne Gérard Salem, psychiatre et thérapeute familial à Lausanne. Pour lui, le rôle de la famille

est irremplaçable, même si elle est cause de souffrances pour l’enfant.

L’enfant manifestera presque toujours une grande loyauté face à sa famille

et cherchera à la protéger. Pour les enfants en difficultés, il est plus

fructueux de faire participer la famille – même incestueuse, estime le Dr

Salem – au processus de réhabilitation que d’écarter l’enfant de son milieu

familial. Cela peut favoriser la démarche de pardon et de reconnaissance

mutuelle. Force est de constater cependant que cela n’est pas toujours possible.

Mary Dreier, animatrice au Centre catholique de pastorale spécialisée du

canton de Vaud a mené l’enquête auprès de 65 enfants en milieu institutionnel. Les enfants ont exprimé leur désir de dialogue et leur volonté d’être

entendus sur toutes les décisions qui les concernent.

La situation des enfants immigrés a été abordée à travers l’expérience

de Marie-Jeanne Coloni et Samir Fellak, aux «Alouettes», un foyer d’accueil

de la région parisienne. L’art et l’expression corporelle y sont utilisés

comme vecteur de réconciliation entre des cultures souvent très différentes. La violence psychique où se trouvent certains enfants d’immigrés, victimes d’abandon ou de mauvais traitements est encore aggravée par la fracture entre les cultures.

Le droit à la vie

Le premier droit de l’enfant est le droit à la vie, rappelle Patrick

Korpès, éducateur à lausanne et rédacteur en chef de la revue spécilaisé

sur les handicapés «Pages Romandes». De nos jours chaque embryon humain est

fortement menacé, puisque aux risques naturels s’ajoutent le non-désir des

parents (avortement et RU 486) et le diagnostic prénatal aboutissant à

l’avortement dans 95% des cas où l’embryon n’est pas conforme au fantasme

de l’enfant parfait, explique-t-il. Le droit à la vie des enfants handicapés est d’abord le droit de naître et ensuite la possibilité de survivre.

Patrick Korpès dénonce le cas de bébés non traités parce considérés comme

trop atteints. Mettant en garde contre le risque d’eugénisme, P. Korpès

souligne la valeur intrinsèque de toute vie humaine aux yeux de Dieu.

Dans le même sens, les enfants handicapés ont droit à une éducation qui

prenne en compte la dimension spirituelle de la personne, souligne de son

côté Pierre Baconnier, responsable du Centre catholique de pastorale spécialisée à Lausanne. La plupart des parents y sont d’ailleurs favorables,

même si certains évoquent un risque de manipulation. Marie-Hélène Mathieu,

fondatrice de «Foie et lumière» et directrice de l’Office chrétien des handicapés, à Paris, a apporté le témoignage de familles qui vivent ces situations difficiles. (apic/com/mp)

8 mars 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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