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apic/SKAF / Berne
Berne: Assemblée annuelle de la Commission
catholique suisse pour les migrants (SKAF) (210596)
«Il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise»
Berne, 21mai(APIC) Quelque 80 personnes ont participé mardi à Berne à
l’assemblée annuelle de la Commission catholique suisse pour les migrants
(SKAF). Sous le thème «Il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise», les délégués ont échangé leurs expériences et débattu des orientations pastorales
données par la Conférence des évêques suisses en janvier dernier.
Catholiques suisses et étrangers de toutes nationalités doivent chercher
ensemble à être «Eglise en Suisse», a relevé d’emblée Mgr Joseph Candolfi,
ancien évêque auxiliaire de Bâle. «Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons
révéler la communion dont nous nous réclamons et mettre sur pied une pastorale pluriculturelle, seule digne d’une Eglise qui se veut catholique.»
La Suisse est à la fois petite par sa taille et grande par sa diversité
régionale et cantonale. Une diversité que l’on retrouve d’ailleurs parmi
les catholiques d’origine étrangère, italiens, espagnols, portuguais, mais
aussi tchèques, slovaques, polonais, croates, vietnamiens, indiens ou africains. Les mouvements migratoires ne cessent d’augmenter et la présence
d’immigrés non-européens se fait toujours plus forte.
Le rôle des missions linguistiques reste donc nécessaire non seulement
sur le plan pastoral, mais aussi sur le plan social. Mais dans le même
temps, la collaboration avec les paroisses doit être renforcée, pour favoriser l’intégration sans confusion. Certaines missions linguistiques ont
développé un réseau de structures propres, il importe aujourd’hui de mieux
se connaître et de coordonner les efforts pour une vraie rencontre des communautés, insiste Mgr Anton Cadotsch, vicaire général du diocèse de Bâle.
Suivre les nouveaux flux migratoires
Alois Odermatt, secrétaire de la Conférence centrale catholique-romaine
(RKZ), et ancien responsable de l’Institut de sociologie pastorale de StGall, a tenté, à partir des notes pastorales de la Conférence des évêques
suisses, un essai de systématisation des problèmes les plus actuels.
Le premier est celui des nouvelles minorités, parfois non-chrétiennes.
L’Eglise se doit aussi de les accueillir. Ainsi la SKAF s’est penchée depuis plusieurs années sur les rapports avec les musulmans, notamment sur la
question des mariages mixtes.
Ces minorités se regroupent souvent au centre de grandes agglomérations.
Dans les paroisses les étrangers sont très nombreux. N’y aurait-il pas lieu
dès lors de nommer des équipes pastorales pluriculturelles?
La présence de l’Eglise à travers les diverses associations et mouvements est un autre défi. Les étrangers peuvent-ils trouver une place dans
les mouvements d’action catholique, les groupes de prière, les sociétés de
jeunesse?
Le droit de vote et d’éligibilité des étrangers dans les organes des paroisses ou des collectivités ecclésiastiques cantonales revêt une grande
importance symbolique. La situation a évolué positivement dans plusieurs
cantons. Ailleurs, il faut encourager cette démarche, recommande Alois
Odermatt.
La formation des prêtres et des agents pastoraux aux réalités multiculturelles devrait être un objectif prioritaire pour les Facultés de théologies et les Instituts de formation. On constate ici de sérieuses lacunes.
Enfin la pastorale des migrants doit aussi s’intéresser aux membres
d’autres religions. Ils sont aujourd’hui 300’000 en Suisse. Des Tamouls
indous accompagnent volontiers les Tamouls catholiques dans leur pèlerinage
à Einsiedeln par exemple.
Il faut savoir aborder de face ces problèmes, souligne Alois Odermatt,
mais en gardant toujours à l’esprit deux questions: «Qui est responsable?
qui finance?»
Toute une série de questions que le secrétaire général et directeur national de la SKAF, Urs Köppel, dont le mandat a été renouvelé par l’assemblée, s’efforcera de faire partager par tous les catholiques en Suisse.
(apic/mp)




