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Slovaquie: Conflit entre les Eglises orthodoxe et greco-catholique
Le secrétaire général de la KEK appelle à la coopération afin
de mettre un terme à la dispute en matière d’édifices religieux (300895)
Genève, 30août(APIC) Le secrétaire général de la Conférence des Eglises
européennes (KEK), Jean Fischer, en appelle à une plus grande souplesse et
une meilleure coopération entre les églises et les autorités gouvernementales et municipales en Slovaquie où cinq ans de négociations n’ont pas permis de mettre un terme à une controverse relative aux édifices religieux.
Le conflit, qui porte sur l’immobilier appartenant à l’Eglise, a donné
lieu à des tensions entre les Eglises orthodoxe et greco-catholique en Slovaquie, deux Eglises largement minoritaires dans ce pays. L’Eglise orthodoxe compte 26’000 membres et l’Eglise greco-catholique quelque 400’000 fidèles. La population slovaque se déclare aujourd’hui catholique-latin à 64%,
agnostique à 18%, athée à 10%, luthérienne à 6%, calviniste à 2%, orthodoxe
à 0,6% et juive à 0,05%.
Jean Fischer, ainsi que d’autres représentants officiels de la Conférence des Eglises Européennes et du Conseil oecuménique des Eglises, ont rencontré à la mi-août des responsables religieux et gouvernementaux en République Slovaque. Le différend porte sur la passation de dizaines d’églises
et d’édifices religieux appartenant à l’Eglise orthodoxe en Slovaquie à
l’Eglise greco-catholique.
Le problème remonte à 1950 lorsque le gouvernement communiste de Tchécoslovaquie, dans un effort pour supprimer l’Eglise greco-catholique (uniate), a forcé cette dernière à donner ses édifices religieux à l’Eglise orthodoxe. L’Eglise uniate a retrouvé une certaine liberté après le «Printemps de Prague» en 1968, mais il a fallu attendre 1990, et la chute du
communisme, pour que le gouvernement adopte une loi exigeant que les édifices soient rendus à l’Eglise uniate.
«L’injustice ne peut pas réparer l’injustice,» a relevé Jean Fischer,
mettant en avant le fait que, dans certains cas, les églises rendues à
l’Eglise uniate étaient vides alors que la communauté orthodoxe devait utiliser des lieux de fortune pour leurs services religieux. Dans de nombreux
cas, les autorités municipales avaient rendu l’achat de terre ou l’acquisition de permis de construire pour de nouvelles églises difficiles à obtenir
pour la communauté orthodoxe.
«Depuis 1990, environ 85 pour cent des cas ont été réglés de la façon
suivante: les édifices ont été récupérés par des communautés uniates par la
force ou ont été rendus par l’Eglise orthodoxe à la suite d’un processus de
négociation impliquant le gouvernement».
Dans certains cas, ajoute Jean Fischer, le gouvernement avait versé une
compensation aux communautés orthodoxes pour la perte de leurs édifices.
Toutefois, il a indiqué qu’il y avait encore des cas à régler, et que ceuxci figuraient parmi les plus difficiles de tout le processus.
Jean Fischer, tout comme Jean Mayland, une femme prêtre de l’Eglise anglicane et présidente du comité d’études de la Conférence des Eglises Européennes, et Jean Tchekan, rédacteur en chef du Service orthodoxe de Presse,
à Paris, ont exhorté les autorités slovaques et les chefs de file des Eglises orthodoxe et catholique-grecque à montrer plus de souplesse et à dialoguer entre eux. (apic/eni/pr)



