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Ljubljana: Jean-Paul II invite la Slovénie à rester un «carrefour»
Vers un second synode des évêques pour l’Europe? (180596)
Ljubljana, 18mai(APIC) Le pape Jean Paul II a appelé les Slovènes à répondre à leur vocation de «pont» entre les mondes slave, allemand, latin et
hongrois pour la paix en Europe. Samedi à Ljubjana, lors de la première
étape de son 71e voyage hors d’Italie, Jean Paul II à invité en outre à une
vigilance particulière vis- à-vis de l’»idéologie périlleuse» du libéralisme sans frein.
L’éventualité d’une annonce d’un nouveau Synode des évêques pour
l’Europe a été également au centre des discussions des observateurs. Cette
annonce figurait dans le texte slovène du discours du pape au clergé et aux
religieux distribuée par la conférence épiscopale, mais non pas dans le
texte officiel du Vatican effectivement prononcé par Jean Paul II.
Dans les rangs de l’Eglise slovène on confirme qu’un second Synode pour
l’Europe a été sérieusement envisagé. Nul ne peut dire cependant si l’annonce de la convocation sera reportée à Berlin, où le pape se rendra en
juin, ou à Sarajevo, où un voyage du pape est toujours en projet, ou encore
si le principe d’une telle réunion est abandonné.
Le merci du président Kucan
A l’arrivée du pape sur le sol slovène vendredi après-midi, le président
Milan Kucan a adressé un hommage appuyé à Jean Paul II «l’une des rares et
courageuses autorités dans le monde à avoir établi, dès 1991, une claire
distinction entre les agresseurs et les victimes.»
Le Saint-Siège a en effet reconnu l’indépendance de la Slovénie dès le
13 janvier 1992, après l’Allemagne, mais avant l’Europe. «Cette reconnaissance internationale nous a peut-être aidés à éviter à la dernière minute
des destructions, des souffrances, des sacrifices et des dommages moraux
que la guerre aurait portés dans notre pays», a commenté le président Kucan
à l’aéroport de Ljubljana.
«Je souhaite que la Slovénie puisse rester fidèle à sa vocation de carrefour de peuples et de pont entre les mondes slave, allemand, latin et
hongrois», a répondu Jean-Paul II, qui est apparu en bonne forme. Rappelant
avec force le droit des peuples à l’autodétermination, le pape a souligné
l’importance pour la Slovénie de retrouver ses racines anciennes, dont
«l’adhésion à l’évangile qui fut un élément déterminant dans la formation
progressive du caractère de votre nation».
Priorité à la «Nouvelle Evangélisation»
Jean-Paul II a repris ce thème vendredi soir à la cathédrale de Lujubljana, lors d’une rencontre de prière avec le clergé slovène. «Les pasteurs de l’Eglise n’ont pas manqué d’être présents sous le fascisme, le nazisme et le communisme», a-t-il déclaré, et nombreux furent les «exemples
héroïques» parmi les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses,
comme Mgr Anton Martin Slomsek, premier évêque de Maribor, dont le procès
de béatification «arrive fort heureusement à sa conclusion».
La «Nouvelle Evangélisation» est aujourd’hui le devoir prioritaire de
l’Eglise. Elle requiert des prêtres radicalement et intégralement pénétrés
du mystère du Christ et capables d’adopter un nouveau style de vie pastorale marquée par une profonde communion avec le pape et les évêques, entre
eux et avec les laïcs. Le pape a ici insisté sur le célibat des prêtres,
qui «ne doit pas être vécu comme une sorte de prix à payer pour l’ordination mais, comme le souligne la tradition de l’Eglise latine, comme un don
de soi précieux pour être tout à Dieu et tout aux autres».
Pour Jean-Paul II, l’enjeu de la Nouvelle Evangélisation n’est pas seulement ecclésial: c’est toute la société qui attend le soutien de l’Eglise.
«Votre peuple, a-t-il dit, traverse une période de transformation radicale:
tandis qu’il cherche à se libérer graduellement des conséquences négatives
d’une idéologie totalitaire qui l’a fortement conditionné et qu’il se projette de toutes ses forces vers une société plus fraternelle et plus démocratique, il importe de rester particulièrement vigilant pour empêcher
qu’une idéologie non moins périlleuse, le libéralisme sans frein, ne remplace le vide laissée par la précédente.»
Un monde sans Dieu est un monde contre l’homme
Samedi 18 mai, jour de son 76e anniversaire, le pape est apparu nettement plus fatigué que la veille quand il a célébré la messe en plein air
sur l’hippodrome de Stozice, à 3 kilomètres de Ljubjlana. Dans son homélie
le pape a une nouvelle fois insisté sur le lien entre l’héritage chrétien
du pays et les enjeux actuels, en particulier la séparation entre la foi et
la culture. «Il ne suffit pas de se référer à l’héritage du passé, a-t-il
observé, car chaque génération doit renouveler son propre choix chrétien.»
«Notre siècle, a rappelé Jean-Paul II, a fait l’expérience de ce que cela veut dire construire sur le sable des idéologies qui méprisent Dieu. Et
qui sait si ce n’est pas pour cette raison que notre siècle a été baigné
dans le sang des innocents et des martyrs? Ceux qui construisent un monde
sans Dieu ne peuvent que l’édifier contre l’homme, contre son épanouissement authentique et contre son bonheur.»
Aux jeunes: vaincre la peur
Samedi après-midi, Jean-Paul II a pépété ce message aux jeunes à Postojna, dans le diocèse de Koper, les mettant en garde contre les mirages de
bonheur et les faux modèles de réalisation de soi apportés par la société
de consommation marquée par l’individualisme.
Evoquant l’apôtre Thomas, qui doutait et craignait de s’engager. JeanPaul II a fait cette confidence: «Je garde une expérience inoubliable du
danger et de la peur pendant la guerre. J’avais vingt ans quand la tempête
de la seconde guerre mondiale s’est abattue sur l’Europe et sur le monde.
Elle a semé la mort et la destruction. Ma génération a été marquée par la
peur des bombardements, des déportations, des représailles. Je sais ce que
c’est que d’avoir peur.» (apic/jean-marie Guénois/mp)



