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apic/Socialistes chrétiens romands/ Ramonet
Yverdon: Journée d’étude des socialistes chrétiens (050296)
Le directeur du «Monde Diplomatique»: «L’économie
actuelle dominée par l’idéologie omniprésente du libéralisme»
Yverdon, 5février(APIC) Le néo-libéralisme international et internationaliste est une idéologie omniprésente qui s’est imposée dans les esprits et
dans les faits dans le monde entier. «Les décideurs» des grands groupes
économiques ont un pouvoir bien plus réel que tous les gouvernements élus.
La gauche doit situer son combat à ce niveau. Ces questions ont figuré au
menu des socialistes chrétiens de Suisse romande, réunis en journée d’étude
samedi à Yverdon. Ils ont écouté, entre autres, Ignacio Ramonet, directeur
et éditorialiste du «Monde Diplomatique».
La Fédération romande des socialistes chrétiens conduit depuis longtemps
une réflexion visant à renouveler l’idéologie socialiste pour donner une
charpente politique au combat pour la justice qui lui semble découler de
l’Evangile.
Les socialistes, comme presque toute la gauche, sont à la recherche d’un
nouveau souffle idéologique. Non par manque d’injustices à dénoncer, mais
parce que la faillite des régimes socialistes et toute l’économie mondiale
leur posent des questions auxquelles les méthodes d’analyse et les solutions proposées par le marxisme traditionnel et ses dérivés ne répondent
plus.
Le directeur du «Monde Diplomatique», a décrit un tableau saisissant de
l’économie actuelle marquée par l’idéologie omniprésente – «la pensée unique» – selon une expression tombée aujourd’hui dans le langage courant et
dont il est l’auteur – du libéralisme. Les lois du marché sont censées résoudre tous les problèmes dans tous les domaines et sous tous les cieux. On
le rèpète si souvent, a ajouté l’éditorialiste du mensuel français, que
c’en est devenu un dogme universel quand bien même ses applications pratiques n’ont conduit qu’à une augmentation du nombre des pauvres, à une remise en cause des acquis sociaux les plus élémentaires et cela même dans les
pays riches où le pouvoir des élus est devenu de plus en plus théorique face à celui des décideurs économiques qui ne se soumettent jamais au suffrage universel.
Mario Carera, président du parti socialiste vaudois et le professeur
Charles-André Udry, à Lausanne, ont de leur côté tenté de dépasser le niveau de l’analyse de la situation pour entrer dans celui de la stratégie ou
des solutions à opposer aux partisans du «moins d’Etat» et de la déréglementation systématique. Si les différences de sensibilité politique ont
contribué à animer le débat, il en est ressorti cependant clairement que la
gauche se doit de réagir par dessus les frontières, à l’exemple des leaders
économiques. Il s’agit en effet de comprendre que l’explosion sociale de
décembre en France, par exemple, constitue un refus populaire ferme de la
société injuste que le néo-libéralisme nous prépare. (apic/com/ba)



