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Rome:Le Vatican au Sommet de l’Alimentation de la FAO (171196)

La sécurité alimentaire pour tous, d’abord un défi éthique et spirituel

Rome, 17novembre (APIC) Le Vatican considère que la faim dans le monde

n’est pas uniquement un problème technique et économique, mais aussi et

surtout une question de solidarité. Le cardinal Angelo Sodano, secrétaire

d’Etat du Vatican l’a rappelé samedi à Rome aux participants au Sommet mondial de l’Alimentation, réunis au Siège de la FAO, l’organisation des Nations-Unies pour l’alimention et l’agriculture.

Assurer la sécurité alimentaire à tous les hommes sur tous les continents, n’est pas uniquement un défi d’ordre économique et technique, «c’est

avant tout un défi d’ordre éthique et spirituel», a souligné le cardinal

Sodano. Si des millions de personnes dans le monde sont encore victimes de

la faim et de la malnutrition, la cause n’est pas à rechercher dans le

manque de nourriture, a-t-il déclaré.

Et de rappeler que dans son «Atlas de l’Alimentation et de l’Agriculture», la FAO elle-même a reconnu qu’il y avait assez de vivres dans le monde

pour satisfaire les besoins énergétiques de tous. Considérées dans leur

globalité, les ressources de la terre sont en mesure de nourrir tous ses

habitants, estime le cardinal Sodano.

Présentant son «petit abécédaire de la solidarité», le Secrétaire d’Etat

du Vatican a posé la question de la faim et de la malnutrition dans le monde en termes de solidarité internationale. Et il a proposé quatre critères

pour une véritable solidarité: respect de la personne, devoir de solidarité, destination universelle des biens, et promotion de la paix.

Le cardinal Sodano a réaffirmé le désir du Saint-Siège de collaborer

avec tous les gouvernements, avec les organisations internationales et en

particulier la FAO pour ensemble «éradiquer du monde le fléau de la faim».

Car pour le Saint-Siège, c’est possible: la terre étant en mesure de nourrir tous ses habitants, le problème n’est donc pas d’abord technique mais

éthique: c’est celui de la solidarité.

Quatre critères de solidarité

Dans ce contexte, le Secrétaire d’Etat a présenté les quatre critères de

solidarité dont le Saint-Siège «cherche à s’inspirer». Le premier principe

est le «respect envers toute personne humaine». Quelle qu’elle soit, elle

est dépositaire de «droits inaliénables». Pour les croyants, toute personne

humaine est créée «à l’image et à la ressemblance de Dieu».

On doit donc venir en aide à toute personne qui en a besoin. C’est le

second principe, celui de la «solidarité». Il a inspiré au cours des siècles «la meilleure tradition morale et juridique». Pour les croyants, la

solidarité constitue un devoir explicite donné par le Christ. Et de citer

le fameux décret de Gratien: «Nourris celui qui meurt de faim, parce que,

si tu ne l’as pas nourri, tu l’auras tué».

Le troisième principe qui inspire l’action sociale de l’Eglise: la destination universelle des biens de la terre. «C’est pourquoi, dans l’usage

qu’il en fait, l’homme, explique le Concile Vatican II, ne doit jamais tenir les choses qu’il possède légitimement comme n’appartenant qu’à lui». Il

doit aussi les regarder «comme communes en ce sens qu’elles puisssent profiter non seulement à lui mais aussi aux autres» (Gaudium et spes n. 69).

Le quatrième principe est la «promotion de la paix». La guerre entraîne

en effet souvent la famine. En Afrique, ce n’est que trop évident: «La tragédie africaine, insiste le cardinal Sodano, dans la région des GrandsLacs, nous rappelle clairement que le fléau de la faim et de la misère

pourra être éliminé seulement si nous ramenons la paix entre les peuples».

Réserves du Saint-Siège, comme lors de la Conférence du Caire

Si le Saint-Siège exprime son approbation du document final du Sommet

mondial de l’Alimentation, le cardinal Sodano a tenu à exprimer «les quelques réserves du Saint-Siège» et présenter une déclaration interprétative,

destinées à être incluses dans le rapport final du Sommet.

Il s’agit notamment de précisions sur l’acception qu’elle donne à certains termes ou concepts utilisés dans le document. Comme dans le rapport

de la Conférence du Caire sur la population et le développement (5-13 septembre 1994), le Saint-Siège renouvelle ses «réserves» concernant l’interprétation à donner à l’expresssion «reproductive health services», le concept de «santé reproductive» comprenant aussi l’avortement.

La «stabilisation» de la population mondiale ne saurait, pour le SaintSiège, être atteinte par des «mesures nationales ou internationales» déniant aux époux le droit de décider d’avoir des enfants et de choisir

«l’espacement des naissances». A propos des termes «planning familial» ou

«services de planning familial», le consensus du Saint-Siège ne doit en aucune manière être interprété comme un changement de sa position bien connue

en ce qui concerne les méthodes de régulation des naissances que l’Eglise

catholique considère comme «moralement inacceptables». (apic/cic/bol/be)

17 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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