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Soudan: Droits de l’homme bafoués (240195)
Amnesty International veut des observateurs internationaux
Nairobi/Berne, 24janvier(APIC) «Si des observateurs internationaux
étaient présents sur le terrain, il serait plus difficile pour les forces
gouvernementales et d’opposition de se livrer impunément aux massacres, à
la torture, et à la détention arbitraire, pratiques qui ont profondément
déchiré la société soudanaise et accentué les haines politiques au cours
des cinq dernières années», a souligné Pierre Sané, secrétaire général
d’AI, lors d’une conférence de presse à Nairobi.
Le gouvernement soudanais empêche l’expert des Nations unies sur la
situation des droits de l’homme au Soudan d’entrer dans le pays. D’autre
part, le processus de paix engagé sous l’égide de l’Autorité
intergouvernementale sur la sécheresse et le développement (IGADD) a
enregistré peu de progrès. Ce qui pousse le secrétaire général d’AI de
estime que «l’avenir du Soudan repose sur l’instauration, a travers tout le
pays, d’un plus grand respect des droits de l’homme. Le carnage que connaît
le sud du Soudan, en proie à la guerre, ne représente qu’une facette de la
tragédie car, même dans les régions moins touchées par la guerre civile,
les atteintes brutales aux droits de l’homme ont engendrés des divisions au
sein de la population.»
L’organisation de défense des droits de l’homme estime que les
observateurs des Nations unies devraient informer les autorités et l’ONU
des atteintes aux droits de l’homme qui sont commises et organiser un suivi
des cas individuels de personnes victimes de ces agissements afin de
s’assurer que des mesures soient prises. Il faut, selon elle, également
mettre en place un organisme indépendant et impartial auquel les Soudanais
pourraient transmettre toute information relative aux atteintes aux droits
de l’homme; et travailler de concert avec les autorités en vue d’améliorer
la politique et la pratique en matière de droits de l’homme dans le pays.
Dans son rapport sur la situation des droits de l’homme au Soudan depuis
le coup d’Etat de 1989, AI démontre que le gouvernement militaire, dirigé
par le président Omar Hassan Ahmad el Béchir, ainsi que les deux
principales factions armées d’opposition – l’Armée populaire de libération
du Soudan (APLS) et l’Armée pour l’indépendance du sud du Soudan (AISS) se sont rendus coupables de flagrantes atteintes aux droits de l’homme.
Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement soudanais, a, selon AI,
institutionnalisé la torture et la détention des opposants présumés dans
des «maisons fantômes», centre de détention secrets des forces de sécurité,
à travers tout le pays. L’objectif des autorités, note l’organisation, est
de bâillonner toute opposition politique et de façonner la société
soudanaise selon leur propre interprétation d’un islam radical.
Battus, brûlés, fouettés à coup de tuyau
Malgré les démentis du gouvernement, AI a recensé les cas de centaines
de personnes torturées depuis 1989, aussi bien à Khartoum et dans d’autres
villes que les zones du Sud en proie à la guerre. Un magistrat qui jugeait
cinq personnes poursuivies pour complot en 1994 a accepté de tenir compte
de certains certificats médicaux attestant que les accusés avaient été
battus, brûlés, fouettés à coup de tuyau en plastique et contraints de se
tenir pieds nus sur du métal brûlant; mais, il a quand même prononcé des
peines d’emprisonnement.
Dans les zones en guerre du sud du pays et des monts Nouba, les forces
gouvernementales, L’APLS et l’AISS se sont rendues coupables du massacre et
de la «disparition» de milliers de civils. Il en est resulté une
catastrophe humanitaire marquée par la famine et le déplacement forcé de
millions de personnes. Des villageois ont été chassés de leur terres, des
récoltes et des bien pillés et détruits, ces agissements étant, pour
Amnesty, imputables à toutes les parties au conflit.
En juin 1994, un équipe d’AI se trouvant dans le sud du Soudan a
interrogé les survivants d’une série de massacres aveugles perpétrés par
les troupes des Forces de défense populaire (FDP), des milices à la solde
du gouvernement. Les forces gouvernementales ont appliqué une stratégie de
la terre brûlée, se rendant coupables de centaines d’assassinats
politiques, de viols, d’enlèvements d’enfants et de déplacements de
milliers de civils. Le mois dernier, d’autres massacres et de nouveaux
pillages imputables au FPD ont été signalés. (apic/com/eb)



