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apic/Soudan/ extermination des nubas
Soudan: le peuple nuba menacé d’extermination (280495)
La Suisse pourrait faire plus
Berne, 28avril(APIC) Le peuple Nuba au Soudan, victime des pires atteintes aux droits de l’homme, risque d’être totalement anéanti. Tel est
l’avertissement lancé jeudi à Berne par Suleiman Musa Rahhal, membre de
l’organisation «Nuba Mountains Solidarity Abroad» basée à Londres. Il était
l’invité d’Amnesty international, de la Société pour les peuples menacés et
du Forum sur le Soudan.
Michael Murezi, du Forum sur le Soudan, a esquissé les mesures que la
Suisse pourrait encourager pour amener la paix dans ce pays. Il propose un
embargo des armes pour toutes les factions en guerre, aucun travail de développement avec le Soudan, l’autorisation d’envoyer une aide en nourriture
et en médicaments à travers des «corridors de paix» et des zones de sécurité, le libre accès au pays pour le chargé d’affaire de l’ONU, Gaspar Biro
et pour des observateurs indépendants des droits de l’hommme. Michael Murezi a encore demandé la délivrance de visas pour des représentants de l’opposition soudanaise et finalement le soutien – également financier – des
négociations de paix.
L’ethnie noire des Nubas comprenait 2,5 millions de personnes vivant
dans une région grande comme deux fois la Suisse, dans les montagnes Nuba
au centre du Soudan. Depuis 1985, les Nubas sont victimes de la guerre depuis que l’armée de libération du Sud Soudan (SPLA) a étendu son champ
d’opération dans les montagnes Nuba. La persécution systématique a cependant commencé en 1989 après la prise du pouvoir par Ahmed el Bechir qui a
mis sur pied une véritable purification ethnique tuant des milliers de personnes contraignant à la déportation ou à la fuite de milliers d’autres.
En 1992 le conflit a connu une nouvelle escalade avec la déclaration de
la djihad contre les Nubas. En 1993 l’armée régulière soudanaise s’est vue
encore renforcée par l’arrivée de volontaires. De nombreux villages ont été
détruits et leurs habitants regroupés dans des camps de concentration baptisés «villages de la paix». Des femmes et des enfants ont été envoyés comme esclaves au nord du pays et en Lybie, dit-on. De son côté, l’Armée de
libération du Sud Soudan a également recruté par la force 5 à 6’000 combattants. (apic/oe/ba)




