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Soudan:Des méthodes à la «Stasi» pour intimider l’Eglise (040296)

Sévère condamnation du nonce à Khartoum après les

tortures infligées à un prêtre par les autorités

Rome, 4février(APIC) Le Vatican a sévèrement dénoncé samedi le gouvernement soudanais pour les tortures infligées à un prêtre catholique arrêté

peu avant Noël à Juba, dans le sud du Soudan. Le nonce apostolique à Khartoum, Mgr Erwin Josef Ender, a protesté auprès de Mohammad Osman Al Khalifa, ministre des Affaires sociales, et des missions diplomatiques et organisations internationales accréditées dans la capitale soudanaise.

Mgr Ender y dénonce les méthodes «à la Stasi» des autorités soudanaises

pour intimider l’Eglise. Le nonce apostolique au Soudan accuse les autorités soudanaises d’avoir extorqué sous la torture le témoignage de l’étudiant Simon Peter chargeant un prêtre catholique, l’abbé Mark Lotede. Le

prêtre est accusé d’avoir préparé un attentat destiné à faire sauter des

installations militaires à Juba. Le Père Mark Lotede a également été torturé pour qu’il donne une confession dans le même sens.

Le P. Lotede est encore accusé d’avoir organisé la fuite d’étudiants

vers Kapoeta, dans une zone contrôlée par le SPLA, la guérilla du Sud-Soudan. Rappelons que le 11 janvier dernier déjà, la salle de presse du Vatican avait publié la nouvelle selon laquelle deux prêtres et un séminariste

soudanais se trouvaient aux mains de la «Security» à Khartoum: le P. Mark

Lotede, de Juba, depuis fin décembre, le P. Romeo Todo, et le séminariste

Paul Lomana, de Khartoum. Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro Valls, avait indiqué que «toutes les tentatives de médiation de l’Eglise ont été jusqu’ici inutiles».

Pantomime de confession publique

Lors de la libération du P. Lotede à Khartoum le 16 janvier dernier, les

autorités avaient invité le représentant du pape à assister à la «pantomime

de confession publique des deux victimes de la violence d’Etat». Le nonce a

protesté contre cette «décision cynique». Ne mâchant pas ses mots, l’archevêque d’origine allemande a estimé que de tels procédés lui rappelaient

«les années les plus noires du régime communiste dans notre ancienne Allemagne de l’Est». (apic/imed/be)

4 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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