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apic/Suharto, Mgr Belo

Timor oriental: Mgr Belo rencontre le président Suharto (151096)

Dili, 15octobre (APIC) Le Prix Nobel de la paix Mgr Carlos Filipe Ximenes

Belo a rencontré mardi à Dili, au Timor oriental, le président indonésien,

le général Suharto. Les étrangers m’ont félicité, mais pas les Indonésiens,

et pas davantage le général Suharto, a indiqué l’administrateur apostolique

de Dili. Malgré le fait que Suharto ne lui ait pratiquement pas adressé la

parole, Mgr Belo a exigé une nouvelle foi le respect du droit à

l’autodétermination du peuple timorais.

Cette visite de trois heures – prévue de longue date, dit-on à Jakarta est la première du général Suharto au Timor oriental depuis huit ans. Le

chef de l’Etat a rencontré Mgr Belo lors d’une réception et lui a serré la

main comme aux autres invités.

Le général s’était déplacé pour l’inauguration d’une statue du Christ de

17 mètres posée sur un rocher en face du palais gouvernemental. Malgré

l’abandon du projet d’un momument grandiose du Christ-Roi sur le mont

Fatumaca, à cinq kilomètres de la capitale timoraise – un projet auquel Mgr

Belo s’est clairement opposé – le gouverneur de l’île a tenu à l’érection

de cette statue à Dili.

Après la cérémonie, Suharto et Mgr Belo, ainsi que d’autres dignitaires,

sont montés dans un hélicoptère pour regarder le monument du ciel. Après le

vol d’environ une heure, Mgr Belo a indiqué que le président Suharto

s’était uniquement informé du nombre de catholiques et du nombre d’églises

au Timor oriental. Aucun autre thème n’a été abordé.

Pour Jose Ramos Horta, qui partage le Prix Nobel avec Mgr Belo, l’inauguration de cette statue est «un outrage au peuple timorais et une plaisanterie de particulièrement mauvais goût».

Environ 200 étudiants ont manifesté devant l’Université contre cette visite du président Suharto. Les manifestants ont brûlé des journaux sur lesquels figuraient le portrait du général. Ils entendaient surtout protester

contre le titre «de père de l’intégration», décerné au président Suharto

par le parlement local. La police a immédiatement chargé pour disperser la

manifestation.

L’oppression n’a pas cessé depuis l’occupation en 1975

Depuis l’occupation indonésienne en 1975, l’oppression n’a pas cessé, a

par ailleurs déclaré Mgr Belo dans une interview à une radio australienne.

Les soldats indonésiens sont partout, ils observent tout et surveillent

toutes les conversations. Mgr Belo a appelé le gouvernement indonésien à

entendre la population timoraise et à répondre à ses besoins. Jose Ramos

Horta a reproché aux Etats-Unis, à l’Australie et à la Suède les livraisons

d’armes ou les aides militaires accordées à l’Indonésie qui permettent à

l’occupant de renforcer sa présence au Timor oriental. (apic/kna/mp)

15 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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