Le texte contient 111 lignes (max. 75 signes), 1044 mots et 7057 signes.

apic/Suisse / Action de Carême

Lausanne: Présentation de la Campagne de carême 1997 (190197)

«La bourse pOUr la vie»

Lausanne, 19janvier (APIC) «La bourse pOUr la vie»: c’est sous ce slogan

que la campagne oecuménique pour le carême 1997 a été présentée samedi à

Lausanne. L’Action de Carême (AdC) et son homologue protestant Pain pour le

Prochain (PPP) veulent ainsi promouvoir le commerce équitable. Un commerce

encore marginal dans les circuits de distributions habituels, mais qui attire de plus en plus de consommateurs. Ce thème se situe plus largement

dans un contexte de lutte contre l’exclusion qui écarte les populations

pauvres de l’accès au marché mondial.

Une main noire, retournée, la paume ouverte, au-dessus d’une main blanche, également ouverte; entre les deux un entrelacs de fils verts et rouges. L’affiche de la campagne de carême oecuménique interroge et innove.

«La bourse pOUr la vie», le slogan est provocateur, lisible de deux manières: «La bourse ou la vie» ou bien «La bourse pour la vie». Une alternative

dans un monde dominé de plus en plus par la logique du marché.

Contre l’exclusion

La «bourse» du slogan, rappelle la puissance grandissante des marchés

financiers, relève Michel Egger, collaborateur de PPP pour les actions de

développement. L’explosion des échanges commerciaux entraîne le souci de

l’intégration de tous les pays dans ce gigantespue mouvement du commerce

mondial. Mais tous ne partent pas avec les même atouts… Certaines

multinationales ont un chiffre d’affaire supérieur à celui d’un Etat.

Nestlé par exemple draine annuellement plus d’argent qu’un Etat comme

l’Egypte.

Or cette course à l’échange conduit à une survalorisation des marchés

financiers: 1’200 milliards de dollars sont échangés quotidiennement sur la

planète. Un processus dangereux produisant une dématérialisation de l’économie pour une maximisation des profits. On assiste ainsi à une déconnection croissante entre l’économique et le social. Il faut donc remettre

l’économie à sa place, comme servante de l’humanité et considérer les personnes derrière les flux de marchandises ou de capitaux.

Même si on ressent un sentiment d’impuissance face à cette mondialisation, le phénomène n’est pas totalement irréversible. Le commerce équitable

prôné par la campagne de carêmne 1997 entend créér un lien direct entre

producteurs et consommateurs. La montée en puissnace d’un tel commerce est

progressive depuis les débuts de la fondation Max Havelaar en Hollande en

1959, en Suisse en 1963, et l’ouverture de premiers «Magasins du monde» en

1974. Le commerce équitable a acquis un droit de cité auprès de grands

distributeurs suisses comme Migros et Coop. Ce secteur représente aujourd’hui 5% du commerce de détail en Suisse et emploie dans le monde

800’000 producteurs qui font vivre 5 millions de personnes. «Nous sommes

passés ces dernières années du militantisme à l’ère des entrepreneurs»,

souligne Michel Egger.

L’Action de Carême a récolté en 1995 plus de 25 millions de francs, dont

58,2% proviennent de la collecte générale de carême. Pain pour le Prochain

a recceuilli de son côté plus de 16 millions de francs.

Le plafond peint de Zillis

L’aspect spirituel de la démarche de carême n’a pas été omis. Avec en

particulier le traditionnel calendrier offrant pour chaque jour une

médiation ou une prière. En outre les paroisses pourront commander six

panneaux repoduisant des scènes du célèbre plafond peint de l’église de

Zillis, dans les Grisons. Ces scènes bibliques, typiques de l’art du

Moyen-Age illustrent la marque d’un Dieu qui «élève les humbles et renvoie

les riches les mains vides». Ces images sont complètées par le commentaire

de la théologienne du Costa Rica Elza Tamez qui les actualise en lien avec

la pauvrerté vécue dans son pays. (apic/bl/mp)

Encadré

Interview express avec Charles Ridoré,

sécrétaire romand de l’Action de Carême

APIC: pourquoi ce thème sur le commerce équitable?

Charles Ridoré: Nous voulons mettre l’accent sur l’exclusion dans les campagnes 97,98 et 99. Comment lutter pour le développement? La coopération au

développement doit se renforcer. C’est dans ce sens que le thème du commerce équitable a été retenu. Le travail et le chômage constitueront le thème

de l’an prochain.

APIC: «La bourse pOUr la vie», le slogan est provocateur, ne craignez vous

pas un rejet?

Ch.R.: Dans les milieux proches des Eglises, on utilise déjà beaucoup les

produits du commerce équitable. L’acceuil reçu jusqu’à présent laisse

augurer une bonne réception auprès des chrétiens en général.

APIC: Les rentrées financières de l’Action de Carême?

Ch.R.: Nous notons une stabilité des recettes. La campagne en Suisse romande a été en lègère baisse en 1996, mais les rentrées annuelles (dons, Jeûne

fédéral) restent stables. C’est pour nous un encouragement, car les dons

auprès des oeuvres diminuent de manière générale.

APIC: La collaboration avec les protestants de Pain pour le Prochain?

Ch.R. La collaboration oecuménique est un des points forts de nos

campagnes. Les deux oeuvres sont différentes, et il faut négocier. Mais je

suis satisfait de notre travail commun.

APIC: Le soutien de l’Eglise à votre travail?

Ch.R.: Il ya parfois des résistances de personnes qui souhaiteraient une

orientation plus spirituelle. Mais à l’image de la croix, on ne peut pas

vivre l’aspect vertical sans l’aspect horizontal. (apic/bl/mp)

Encadré

Les hôtes de la campagne 1997

Mgr Desmond Tutu, ancien archevêque anglican du Cap, en Afrique du Sud et

Prix Nobel de la paix 1984, sera à Morges les 14 et 15 février et à Zürich

le 16 février.

Martin Sop, directeur de TerrEspoir, organisation camerounaise de producteurs de fruits, sera en Suisse du 15 février au 3 mars.

Daniel Saquec, du Guatemala, dirige l’équipe de soutien aux instituteurs

de son pays. En plus de leur formation de base, ces derniers apprennent la

culture de la terre et l’artisanat afin de pouvoir aider les paysans. Daniel Saquec sera en Suisse romande du 1er au 16 mars. (apic/bl/mp)

Encadré

Exposition pour un commerce équitable

Des jeunes genevois ont pris conscience en 1993 de l’inéglaité des échanges

commerciaux. De leur initiative pour introduire le café «équitable» dans la

cafétéria de leur collège est née l’Association pour un commerce équitable

de Genève (ACEG). Cette association a monté une exposition pour expliquer

comment le choix des consommateurs soutient telle ou telle structure de

marché, exploitant ou soutenant la production locale. Cette exposition, didactique et ludique, réalisée à partir des exemples du café, du thé, du

miel, du chocolat et des T-shirts circulera dans les établissements scolaires genevois. (apic/bl/mp)

19 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
Partagez!