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apic/Suisse/CES/Pétitions/Célibat des prêtres/Action en ex-Yougoslavie
Berne:Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses(070995)
Nouvelle initiative des Eglises suisses pour la paix en ex-Yougoslavie
Réception de plusieurs pétitions sur l’abolition du célibat obligatoire
Berne, 7septembre(APIC) La Conférence des évêques suisses (CES) a annoncé
jeudi une nouvelle initiative des Eglises suisses pour la paix en ex-Yougoslavie. Au cours d’une conférence de presse à Berne à l’issue de sa 229e
assemblée ordinaire, tenue au Centre de Congrès de La Longeraie, près de
Morges, la CES a déclaré prendre au sérieux les diverses pétitions lancées
dans le sillage de la démission de Mgr Vogel. Elle a cependant tenu à rappeler que le poids de la vérité ne dépend pas d’un nombre de signatures.
Lundi dernier, trois pétitions, portant en tout quelque 73’000 signatures et demandant notamment l’abolition du célibat sacerdotal obligatoire ou
l’accès des femmes au sacerdoce, ont été remises à la CES à Morges. «Cela
s’est fait avec le sourire, il n’y a eu ni coups ni blessures», a plaisanté
Mgr Henri Salina, président de la CES, qui a reçu une délégation des pétitionnaires.
A ce propos, les évêques suisses entendent poursuivre le dialogue tant
au plan diocésain qu’au niveau international, notamment avec les Conférences épiscopales voisines d’Autriche et d’Allemagne, confrontées à des pétitions semblables. Le Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la CES, n’a pas
voulu entrer en matière sur la démarche de l’hebdomadaire alémanique
«Schweizerische Beobachter», qui a récolté 26’000 des 73’000 signatures apportées lundi aux évêques. Il s’est étonné qu’un milieu n’ayant rien à faire avec l’Eglise s’immisce dans des questions internes si essentielles.
Le problème se pose par contre différemment avec les signatures qui proviennent du sein même de l’Eglise, comme les 47’000 qui ont été récoltées
par la Ligue suisse de femmes catholiques (SKF) et la paroisse de Hünenberg
(Zoug). Le président de la CES a reçu un courrier impressionnant durant
tout l’été suite à la démission de Mgr Vogel et à la lettre de Mgr Candolfi, administrateur du diocèse de Bâle, favorable à l’ordination d’hommes
mariés ayant fait leurs preuves, les «viri probati», et cherchant des voies
pour la réintégration de prêtres ayant quitté le service de l’Eglise.
Pour Mgr Salina, cette multitude de lettres – la plupart sans agressivité, mais révélant souvent des souffrances et des questionnements – démontre
l’intérêt positif que de nombreuses personnes portent à la vie de l’Eglise.
Qu’est-ce que l’Eglise? Simplement une multinationale?
Mgr Salina souhaite toutefois vivement rencontrer la direction de la Ligue suisse de femmes catholiques qui a participé à cette démarche. De
l’avis du Père Trauffer, l’approche de la SKF – en ce qui concerne l’ordination des femmes – reste très sociologique, et problématique du point de
vue la compréhension théologique et de la compréhension de la Tradition.
«Ces pétitions m’interpellent à chaque fois, souligne Mgr Salina, car je
m’aperçois qu’il y a un grand travail à faire pour qu’il y ait parmi les
fidèles une plus juste perception de ce qu’est l’Eglise, de sa spécificité… Comme elle vit dans ce monde, on y rencontre des procédures et des
structures qui ressemblent à ce qui se passe dans la société civile, mais
l’Eglise est bien autre chose qu’une société multinationale…».
Le président de la CES rappelle que l’Eglise a une structure sacramentelle, qu’elle est «d’abord initiative de Dieu, pas initiative des hommes».
«Elle doit être dans l’obéissance de la foi; le pape et les évêques sont
également tenus à cette obéissance». Le Saint-Siège sera informé sur ces
pétitions, notamment sur le nombre de signatures et leur provenance.
En ex-Yougoslavie, susciter de nouveaux Bonhoeffer
A l’approche de l’hiver, la situation en ex-Yougoslavie préoccupe vivement les évêques suisses. La CES se déclare certes «fatiguée» de lancer des
appels, mais elle soutient les démarches entreprises dans différentes régions, comme sonner les cloches des églises le jour du Jeûne fédéral. Consciente du rôle des religions dans le conflit qui ensanglante les Balkans,
elle désire intervenir concrètement en collaboration avec les autres Eglises chrétiennes en Suisse – sans exclure l’Eglise serbe orthodoxe – et la
Fédération suisse des communautés israélites. Elle soutient également le
travail de Caritas sur place, avec les réfugiés victimes de la guerre.
Les évêques suisses, qui ont été interpellés par les événements de la
Krajina, sont déjà intervenus auprès de la Conférence des évêques catholiques de Croatie pour exprimer leur «consternation» face aux dernier développements dans la région. En privé, des responsables de la CES se sont déclarés choqués par certaines positions des évêques croates à propos de la
«guerre juste» menée en Krajina. Les évêques suisses souhaitent appuyer
dans chacune des communautés de l’ex-Yougoslavie ceux qui cherchent la paix
et la réconciliation, afin que surgissent des résistants à la politique des
gouvernements, à l’instar d’un Dietrich Bonhoeffer, de l’Eglise confessante
sous le régime nazi ou d’un cardinal Saliège, archevêque de Toulouse, protestant contre la déportation des juifs. (apic/be)
Encadré
Plus de 5’000 pèlerins pour la béatification de trois Suissesses
Pus de 5’000 pèlerins de toutes les régions de la Suisse se sont déjà inscrits pour participer à Rome à la béatification de trois Suissesses – deux
religieuses et une laïque – le dimanche 29 octobre prochain. Pratiquement
tous les évêques suisses feront le déplacement pour la béatification de la
Fribourgeoise Marguerite Bays (1815-1879), paysanne et couturière de Siviriez, de la soeur lucernoise Maria Theresia Scherer (1825-1888), de Meggen,
fondatrice des Soeurs de la Charité de la Sainte-Croix d’Ingenbohl, et de
la soeur argovienne Maria-Bernarda Bütler (1848-1924), d’Au, fondatrice de
la Congrégation des Soeurs franciscaines de Marie auxiliatrice, dont les
maisons-mères se trouvent à Cartagena, en Colombie, et à Frastanz près de
Feldkirch, en Autriche. (apic/be)



