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apic/Suisse/ messe Jean-Marie Vincent

Lausanne: les amis de Haïti célèbrent une messe (040994)

en mémoire du Père Jean-Marie Vincent

La Conseillère fédérale Ruth Dreiffus présente

Lausanne, 4septembre(APIC) Les amis haïtiens et suisses du Père Jean-Marie Vincent assassiné le dimanche 28 aôut, à Port-au-Prince se sont retrouvés vendredi soir à l’église Notre-Dame du Valentin à Lausanne pour célébrer la mémoire du religieux montfortain. Emotion, silences pleins, chants

en langue créole, ont ponctué une messe célébrée par le curé de la paroisse, l’abbé Claude Ducarroz. Parmi l’assistance, deux personnalités solidaires de l’événement tragique: la Conseillère fédérale Ruth Dreifuss et le

ministre haïtien Joseph Antonio, représentant du gouvernement légitime du

président Aristide auprès des organisations internationales à Genève.

En saluant l’assistance, le curé Ducarroz a souligné que ceux qui tuent

les témoins de la justice et de la fraterné, appartiennent, selon l’Evangile «au monde ancien», et que ceux qui luttent pour la cause des peuples opprimés, comme celui d’Haïti, travaillent vraiment pour un monde nouveau. Il

a remercié, au nom de tous les personnes présentes, Jean-Marie Vincent pour

le don de sa vie à son peuple.

Les textes liturgiques, les chants, les intentions de prières ont été

lues ou dites par des amis proches du prêtre assassiné, anciens coopérants

en Haïti, protestants et catholiques ou par des Haïtiens vivant en Suisse.

Chaque fois le nom de Jean-Marie était évoqué avec reconnaissance et respect. Un nom désormais lié indissolublement aux problèmes du développement

économique et humain de l’île des Caraïbes. Un nom que ses amis évoquaient

avec affection citant un trait se son caractère ou une action qui les avaient frappés. Les problèmes politiques actuels d’Haïti ont été peu abordés

durant la cérémonie religieuse. L’Haïti d’aujourd’hui, opprimé et asservi

par une dictature militaire, avec ses 4’000 martyrs, étaient cependant dans

toutes les mémoires. Un drapeau bleu et rouge, sur le devant de l’autel

l’évoquait avec ses simples mots: «Haïti, solidarité».

Après la messe, de nombreux participants ont continué le dialogue dans

une salle d’un restaurant voisin. L’Haïtien Charles Ridoré, animateur de

l’Action de Carême en Romandie, a lu un long et beau poème sur la vie pleine de «Jean-Boule» composé par Reynald Clerismé, un grand ami du religieux

tué.

Ruth Dreifuss, émue, a aussi pris la parole. Elle a rappelé que lors de

sa dernière rencontre avec Jean-Marie, elle lui avait dit: «Prends bien

soin de toi. Tu es le plus marqué, car tu incarnes l’espoir». Aujourd’hui,

nous lui devons de porter son deuil, mais il nous faut reprendre avec lui

ce chemin de l’espoir. Transformons cette souffrance pour la vie et le progrès de ceux qui vivent en Haïti. En particulier gardons le lien avec ceux

qui ne peuvent pas quitter l’île et qui en meurent parfois. Jean-Marie est

resté dans son pays. Il a assumé ce risque. Un jour on pourra retourner làbas et évoquer son souvenir avec son peuple. J’ai fait tant de voyages avec

lui dans son pays. Il faudra retourner un jour chez lui. Nous sommes tous

conscients de ce qu’on doit à Jean-Marie et à d’autres qui luttent comme

lui. Et la Conseillère fédérale de conclure: «Si ce pays a une chance dans

le futur, c’est grâce à des gens comme Jean-Marie». (apic/ba)

4 septembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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