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Fribourg: Les nominations d’évêques en Suisse (230595)
Comment gérer la tension entre Eglise vivante et Eglise réglementaire?
Fribourg, 23mai(APIC) Comment résoudre la tension entre l’Eglise ’vivante’ et l’Eglise ’réglementaire’ propre au catholicisme? La question posée
par Jacques Neirynck, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale (EPFL) et
auteur en 1994 du roman le «Manuscrit du Saint-Sépulcre», était au centre
du débat organisé lundi soir à Fribourg par le journal «L’Hebdo» sur le
thème de la nomination des évêques. Le nonce apostolique en Suisse, Mgr
Karl-Josef Rauber, a décortiqué la procédure suivie et les particularités
de l’Eglise en Suisse. Quant à Mgr Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève
et Fribourg, il a répété ne pas vouloir influencer le choix de son successeur.
En adoptant le regard du journaliste ou du sociologue plus que celui du
croyant, les intervenants, sous la direction de Jean-Claude Péclet et
d’Alain Rebetez, de ’L’Hebdo’, se sont surtout concentrés sur les aspects
institutionnels de la nomination des évêques. Se basant sur son expérience
universitaire et commerciale, Jacques Neirynck plaide pour des mandats renouvelables pour les évêques. Oui, dit Mgr Mamie, mais il faut compter au
moins cinq ans ’d’apprentissage’ pour un diocèse comme Lausanne, Genève et
Fribourg. En outre si une personne n’a pas les qualités au départ, elle
peut les acquérir et ses proches doivent pouvoir toujours lui dire: «c’est
le moment de partir».
Mgr Rauber rappelle de son côté que la Suisse est un des rares pays où
la possibilité de transférer des évêques d’un diocèse à l’autre n’existe
pas. La règle générale veut par exemple en Italie, qu’après une dizaine
d’années, un évêque change de résidence. Effectivement Mgr Hansjörg Vogel,
nommé évêque de Bâle à 42 ans, restera probablement en charge plus de trente ans. C’est beaucoup et c’est lourd.
Second principe proposé par le professeur lausannois, le sortant ne doit
pas influencer le choix de son successeur, afin d’éviter le népotisme et la
’reproduction des médiocres’. Réponse facile ici pour Mgr Mamie qui a scrupuleusement évité de se mêler du choix de son successeur.
La consultation lancée à l’occasion de la nomination des évêques devrait
également être plus large et s’adresser notamment aux gens qui ne sont pas
dans l’appareil, affirme en outre Jacques Neirynck. Intervention de l’abbé
Marc Donzé, président du Conseil presbytéral et à ce titre responsable de
la consultation pour la succession de Mgr Mamie: «En plus des 880 prêtres
et agents pastoraux consultés ex officio, plus de 1’000 personnes ont répondu spontanément», se réjouit-il.
Pour éviter le poids d’un centralisme trop lourd, et les problèmes posés
par le gigantisme de l’Eglise catholique (4’500 évêques, 950 millions de
fidèles), il faudrait créer des patriarcats régionaux ou donner aux Conférences épiscopales le droit de nommer les évêques, suggère Jacques
Neirynck. Attention au danger des Eglises nationales qui tendent facilement
à devenir nationalistes, rétorque Mgr Mamie, tout en n’étant pas opposé au
principe.
Un débat qui laisse un peu sur sa faim le public qui se demande où est
la présence du Christ et l’action de l’Esprit Saint dans cette démarche. Un
évêque n’est pas un homme politique ou un fonctionnaire, rappelle-t-on. Se
contenter de regarder fonctionner l’Eglise n’est guère stimulant. Ce à quoi
Jacques Neirynck répond en citant le réformateur Martin Luther: «Dieu nous
a donné des noix, c’est à nous de les casser». (apic/mp)



