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Oeuvres d’entraide suisses: Pour la diversité biologique (281096)

des produits alimentaires et pour leur prix équitable

Exigences précises avant le Sommet mondial de l’alimentation

Berne, 28octobre (APIC) Face aux 840 millions de personnes qui souffrent

de sous-alimentation chronique, la Communauté de travail des oeuvres d’entraide suisses souhaite que l’on favorise la diversité biologique, base de

la sécurité alimentaire. Avant le Sommet mondial de l’alimentation, qui se

tiendra à Rome du 13 au 17 novembre, elle demande à la délégation officielle de la Suisse de tenir compte, entre autres des aspects sociaux et écologiques pour un prix équitable des produits agricoles.

La Communauté de travail (Swissaid, Action de Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas et Caritas) veut avoir son mot à dire sur le sommet mondial

promu par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elle a d’ailleurs participé au Forum de préparation des ONG

du monde entier à Rome du 19 au 21 septembre. Lundi à Berne, lors d’une

conférence de presse, trois intervenants ont redit les exigences et les attentes de la Communauté de travail. En expliquant aussi les effets néfastes

du nouvel ordre commercial sur la République de Sierra Leone, pays importateur de produits alimentaires.

Beatrice Chaytor, avocate à Londres, qui apporte actuellement une assistance technique à la délégation de Sierra Leone dans le cadre du Comité

pour le Commerce et l’environnement (CCE), a expliqué que ce pays africain

est un perdant notoire de l’application des réglementations actuelles de

l’Organisation mondiale du commerce (OMC): «Beaucoup d’agriculteurs ont été

exclus du marché, car ils pratiquaient des prix trop élevés. De ce fait

nombre d’entre eux recourent aux cultures de rapport destinées à l’exportation plutôt qu’aux cultures vivrières locales pour la consommation intérieure». Beatrice Chaytor estime indispensable de protéger les petits exploitants agricoles vulnérables aux importations venant des pays développés.

La diversité biologique a un grand avenir

Miges Baumann, membre de Swissaid, se déclare favorable à la diversité

biologique comme base de la sécurité alimentaire. Partant des effets dévastateurs d’un champignon sur différentes sortes de blé et de maïs aux EtatsUnis, à cause de la grande uniformité génétique de ces céréales – le magazine «Business Week» a même titré un reportage: «Une catastrophe guette les

champs de l’Amérique» – le représentant de Swissaid, demande avec de nombreuses autres ONG que les règles du commerce soient modifiées. Il lui paraît indispensable que l’agriculture se base de plus en plus sur la diversité en garantissant une autosuffisance alimentaire sur le plan local, régional et national. De nombreux petit exploitants agricoles luttent pour

être moins dépendants des expédients chimiques et des espèces hybrides uniformes. Ils reviennent aux variétés de plantes qui conviennent et qui sont

issues de leur propre culture. La diversité des variétés et des espèces

leur permet de produire de manière écologique et en toute liberté par rapport à l’industrie agro-alimentaire.

Miges Baumann sait pourtant que le changement de mentalité qui s’opère

dans quelques pays n’est pas encore suffisamment mobilisateur. «Malheureusement l’Organisation pour l’Alimentaion et l’Agriculture (OAA) des Nations

Unies et le plan d’action du Sommet mondial de l’alimentation n’est encore

prêt à accepter ces recommandations».

Attentes et exigences de la Communauté de travail

La Tessinoise Lavinia Sommaruga, membre de la Communauté de travail ayant participé au Congrès de préparation des ONG à Rome en septembre dernier, a bon espoir que la délégation officielle suisse défende à Rome certaines exigences de la Communauté de travail: Parmi d’autres, l’instauration de politiques sociales de redistribution entre les riches et pauvres

et la promotion de l’agriculture biologique, l’élevage, la pêche et la gestion forestière comme productions de subsistance. Autre exigence: Donner un

prix équitable aux produits alimentaires, comme le promeut la Fondation Max

Havelaar. Cela commence à pénétrer non seulement la conscience des tiersmondistes mais aussi le budget des grandes chaînes commerciales!. Voilà des

faits encore modestes, mais qui sont prometteurs pour la justice commerciale envers les pays du Sud.

La directrice de l’Action de Carême, Anne-Marie Hollenstein, coordinatrice de la Conférence de presse, a annoncé une nouvelle réjouissante: deux

membres d’ONG suisses – une représentante la Communauté de travail et une

autre de «La Déclaration de Berne» – font désormais partie de la délégation

officielle qui représentera la Suisse au Sommet mondial de l’alimentation à

Rome. (apic/ba)

28 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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