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apic/Suisse/paix dans le monde

Suisse: Initiative de 51 oeuvres d’entraide (070994)

Limiter les exportations de matériel de guerre

et réduire les dépenses militaires

Berne, 7septembre(APIC) L’argent économisé sur les dépenses militaires et

les frais d’armement en Suisse doit servir à renforcer la politique de paix

et de développement. Tel est l’appel lancé mercredi par 51 oeuvres d’entraide suisses en vue du vote prévu l’an prochain sur les deux initiatives

populaires «Moins de dépenses militaires et davantage de politique de paix»

et «Pour une interdiction de l’exportation de matériel de guerre».

Les principes de base sont développés par les oeuvres d’entraide dans

une brochure destinée autant au décideur politique qu’au simple citoyen.

Elle a été présentée mercredi à Berne lors d’une conférence de presse. Sans

prendre directement position sur les initiatives, Jürg Krummenchacher,

directeur de Caritas Suisse a relevé que l’avenir est à la démilitarisation

dans les relations internationales. Une étude montre que 73% des Suisses

sont favorables à l’idée de transférer une partie du budget militaire pour

la coopération au développement.

Pour Rudolf Högger, président d’Helvetas, les problèmes cruciaux menaçant la paix et le développement, aussi bien en Suisse que dans le monde,

sont liés de manière indissoluble. «Sans paix sociale et sans compensation

en Suisse même, nous ne serions pas en mesure d’avoir une politique judicieuses vis-à-vis du tiers monde. Il s’agit de mettre en relation les besoins légitimes de la Suisse avec les besoins extrêmenent urgents du tiers

monde.»

Les Eglises quant à elles réclament depuis longtemps une politique de

paix plus active. En 1948, le Conseil oecuménique des Eglises demandait la

réduction des dépenses militaires. En 1967, le pape Paul VI écrivait dans

son encyclique ’Populorum progressio’: «Le développement est le nouveau nom

pour la paix». Christoph Stückelberger, secrétaire central de Pain pour le

Prochain, a souligné que les lignes directrices proposées par les oeuvres

d’entraide ne sont pas une utopie née de la réflexion de quelques idéalistes, mais une pierre pour la construction d’un développement durable.

Les organisations d’aide déplorent que la Suisse fasse trop peu pour la

paix. Car sa sécurité ne dépend pas que de sa défense militaire. La Suisse

est aujourd’hui menacée par d’autres problèmes comme la pauvreté, l’afflux

de réfugiés, la violence, le manque de justice sociale, la drogue ou encore

le sida.

Rudolf Högger a donné quelques exemples d’une politique innovatrice comme un Prix de la paix et du développement, analogue au Prix Nobel, ou la

création d’un fonds disponible pour la formation et la recherche dans le

Sud.

Si les dépenses militaires ont connu une nette baisse depuis la fin de

la guerre froide, de 838 milliards de dollars en 1987 à 762 milliards en

1990, cela reste encore insuffisant, a relevé de son côté Catherine

Schümperli de la Déclaration de Berne.

Dans ses relations avec le Sud, la Suisse a commencé à exiger de la part

des pays partenaires une «bonne politique». Elle se doit donc de donner

l’exemple. Pour rendre crédible sa politique extérieure elle doit limiter

ses exportations de matériel de guerre et réduire ses dépenses militaires,

a conclu le directeur de Caritas Suisse. (apic/gs/mp)

Promouvoir la paix dans le monde: position des organisations de développement sur les exportations suisses de matériel de guerre et la promotion de

la paix, Berne, août 1994, 12 p. Disponible auprès de ARW Case postale 210

3000 Berne 6

7 septembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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