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apic/Synode

Synode: le cardinal Szoka veut des supérieurs «qui gouvernent» (171094)

Rome, 17octobre(APIC) «Quand j’ai besoin de nourriture, de vêtements ou

d’argent, je me rends à la paroisse catholique. Quand j’ai besoin de prier

ou d’entendre la parole de Dieu, je vais chez les baptistes»: ce témoignage

d’»une femme très pauvre», livré au Synode par le cardinal Edmund Szoka,

ancien archevêque de Detroit, appelé au Vatican il y a quatre ans pour mettre de l’ordre dans les comptes du Vatican, résume bien à ses yeux le drame

de la vie religieuse, qui lui semble bien «en voie de disparition» aux

Etats-Unis.

A qui la faute? La question n’a pas été posée lors de la dernière assemblée générale de ce Synode, qui se consacre désormais, et pour deux semaines, à une réflexion au sein des groupes de travail. Mais certaines interventions ont proposé des réponses assez directes.

Un autre cardinal de curie, José Castillo Lara, un salésien qui dirige

l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique, pense que «certains

supérieurs» portent une responsabilité, car «ils ont abdiqué de leur charge

de gouvernement et ont renoncé à exercer leur autorité». Or, dit-il, un supérieur doit «enseigner, dialoguer, animer, mais il ne peut renoncer à corriger et à sanctionner». Il ajoute: «Pendant ces années de crise, des communautés entières ont été gravement abîmées ou détruites en raison du silence, de l’inertie, de la pusillanimité des supérieurs, qui n’ont pas osé intervenir pour enrayer le mal ou qui en étaient complices».

Un troisième cardinal de curie, José T. Sanchez, prefet de la Congrégation pour le clergé, estime lui aussi que l’élection des supérieurs des

congrégations religieuses mérite une plus grande attention. Il considère la

procédure de nomination des évêques comme un modèle, qui permettrait d’élire des «personnes aptes» à diriger des communautés de vie consacrée.

Le témoignage de la pauvreté

D’autres thèmes sont revenus sur le tapis, comme celui de la pauvreté,

qui paraît essentielle au cardinal Roger Etchegaray, président du Conseil

pontifical «Justice et Paix»: «Aujourd’hui plus que jamais, dit-il, la vie

religieuse doit donner le témoignage de pauvreté évangélique. C’est là sans

doute le plus grand défi pour l’Eglise et le besoin le plus pressant pour

le monde».

Ce qui ne vas pas sans difficulté: Mgr Telesphore Mkude, évêque de Morogo, en Tanzanie, déplore que «les religieux, qui ont fait voeu de pauvreté,

ne partagent pas l’expérience de la pauvreté avec les gens, ils n’appartiennent pas à la catégorie des gens vraiment pauvres».

Constat identique de la part d’un jésuite devenu évêque de Toliara (Madagascar), Mgr Fulgence Rabeony: «Dans le contexte socio-culturel et économique de la pauvreté, presque généralisé dans tout le pays, il est difficile aux gens de croire et d’accueillir le témoignage de pauvreté des personnes consacrées, surtout quand elles voient que celles-ci vivent dans une

certaine sécurité, démontrent extérieurement un plus grand pouvoir d’achat

(voitures, constructions…) et mènent un train de vie plutôt aisé par rapport à l’ensemble de la population».

Des «voeux conjugaux»?

Le cardinal Angelo Felici, préfet de la Congrégation pour les causes des

saints, a précisé que, «sur 194 causes prêtes à l’examen et proches d’une

conclusion heureuse», 64% concernent des religieux et des religieuses. Un

fait qui lui paraît naturel: «Il est normal que la perfection soit plus facilement atteinte par ceux qui vivent cet état de vie. La pratique des conseils évangéliques éloigne des périls et favorise les progrès de la vertu».

Ceci dit, le cardinal Felici a noté que les causes des laïcs «vont en

augmentant», et il a proposé que soit envisagée «une forme de consécration

dans le mariage». Le Synode pourrait approfondir, selon lui, «la signification des voeux conjugaux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté conjugale, qui compléteraient la grande mosaïque des consécrations». (apic/jmg/pr)

17 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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