Le texte contient 45 lignes (max. 75 signes), 494 mots et 3325 signes.

apic/Synode/ Berne-Jura

Berne: Le rôle des fractions complique (141195)

l’élection à la présidence du Conseil synodal Berne-Jura

Berne, 14 novembre(APIC) Les députés au prochain Synode des Eglises réformées Berne-Jura devront élire un nouveau président du Conseil synodal. Une

élection qui ne va pas de soi. Deux candidats sont en lice. S’ils présentent le profil recherché, ils ont en revanche un handicap sérieux: aucun

des deux n’est issu de la «bonne» fraction. Le Synode contournera-t-il

l’obstacle? Verdict le 28 novembre.

Fin novembre, les 200 délégués au Synode de l’Union synodale réformée

Berne-Jura (USBJ) éliront un successeur à Heinz Flügel, ancien président du

Conseil synodal décédé cet été. Neuf membres, dont deux à plein temps, forment l’exécutif de l’Eglise réformée bernoise. Particularité bernoise: les

membres de l’exécutif réformé sont élus à vie, même s’ils peuvent faire valoir un droit à la retraite ou démissionner.

Un parlement démocratique a ses partis. Le Synode réformé bernois a lui

ses «fractions», autrement dit ses courants théologiques. «Cela peut sembler un peu dépassé de nos jours. L’appartenance à une fraction relève

d’une prise de position théologique qui aujourd’hui ne veut souvent plus

dire grand-chose», explique un observateur de la Berne romande. Celle-ci a

d’ailleurs sa propre fraction, qui n’est pas théologique, mais linguistique. Outre le groupe jurassien, cinq courants sont représentés au Synode

sous les étiquettes des «libéraux», des «positifs», des «indépendants», de

la fraction du centre et de celle appelée «Offene-Synode», qui milite pour

davantage d’ouverture. Le Conseil synodal est le reflet fidèle du législatif, puisque les six fractions ont droit, selon leur importance numérique,

à un ou deux représentants à l’exécutif. Il est en outre le résultat d’un

savant dosage qui respecte l’équilibre entre laïcs (4) et ministres (5),

hommes (5) et femmes (4) tout en garantissant la représentativité des régions du canton.

«Lors de la préparation de la prochaine élection, le bureau du Synode a

tenté de faire passer l’argument des fractions au second plan, mais la

question revenait toujours sur le tapis,» note Philippe Laubscher, président du Synode. A quelques jours de l’élection, deux candidats sont au coude à coude: Michael Dähler, 54 ans, pasteur à Thoune, qui siège au Conseil

synodal depuis 1994, et Samuel Lutz, 51 ans, Dr en théologie, pasteur à

Leissigen, conseiller synodal de 1988 à 1993. Si les deux candidats ont le

bon profil – homme et ministre -, ils ont en revanche un sérieux handicap:

l’élection de l’un comme de l’autre perturberait l’équilibre des fractions.

Samuel Lutz, s’il était élu, porterait à trois le nombre des représentants

«positifs» à l’exécutif. L’élection de Michael Dähler aurait pour conséquence de voir les deux sièges réservés aux membres permanents occupés par

des «indépendants».

Quelle que soit l’issue du scrutin, de lourdes tâches attendent le nouveau président. Parmi les dossiers brûlants, il trouvera celui de l’homosexualité, un sujet également à l’ordre du jour du prochain Synode. La reconnaissance de nouvelles communautés religieuses par l’USBJ figure aussi parmi les questions que devra traiter le nouvel élu.(apic/spp/mp)

14 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!