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apic/Synode/Danneels
Rome: Intervention du cardinal Danneels au Synode sur la vie consacrée
«Les religieux ont aussi un rôle thérapeutique» (071094)
Rome, 7octobre(APIC) «Les pauvres, les chastes et les obéissants sont le
seul antidote contre le mythe trompeur de l’innocence. Ils relativisent les
valeurs créées et proclament Dieu comme seul absolu. Ceux qui suivent les
conseils évangéliques ne sont pas que des saints; ce sont aussi des thérapeutes pour une humanité blessée par la démesure.» Tel est un des enjeux de
la vie consacrée que le cardinal Godfried Danneels, archevêque de MalinesBruxelles, a mis en évidence le 7 octobre à Rome, au cours de son intervention devant l’assemblée du Synode des évêques.
Le président de la Conférence épiscopale de Belgique, souhaite que l’on
approfondisse les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et
d’obéissance. Tout en se fondant sur l’appel et l’exemple du Christ, ils
ont une dimension existentielle: à l’homme dont l’être profond est habité
par «le désir de posséder, de procréer, de s’autogérer», ils rappellent que
ces valeurs et la triple pulsion qui les traverse peuvent être «poussées
jusqu’à leur démesure et donc à leur mort».
Au-delà de l’approfondissement doctrinal, le cardinal Danneels espère en
outre que le Synode «aborde courageusement» les situations pastorales. Le
problème des vocations paraît impossible à résoudre sans redécouverte du
«sens de Dieu». L’archevêque note, à propos du célibat: «L’attrait pour le
célibat est directement proportionné au degré de la foi en la résurrection.»
Le cardinal Danneels ne refuse pas pour autant toute perspective d’engagement «temporaire» dans une vie consacrée. Il est de ceux qui se disent
favorables à la possibilité d’un engagement dans un Institut de vie consacrée pour un temps limité, que ce soit pour période de maturation ou de
discernement, de formation ou de collaboration concrète. Mais à la condition de ne pas en faire une alternative aux voeux temporaires classiques.
«On peut faire alliance provisoire avec un groupe, mais pas avec Dieu.»
Pour promouvoir les vocations, l’archevêque de Malines-Bruxelles mise
avant tout sur «la qualité» des instituts de vie consacrée. «Cette qualité
ne peut être autre que leur sainteté», précise-t-il.
La place de la femme dans l’Eglise réclame, aux yeux du cardinal, «quelques avancées, avec prudence, ingéniosité (…) et courage». Il invite donc
à «écouter longuement la sagesse sur la femme, cachée dans les plis de
l’histoire profane et ecclésiale», mais aussi à laisser «parler les femmes
de coeur, qui se taisent le plus souvent». Il est enfin d’avis que les femmes ont aussi «une parole d’homme» à entendre.
Il y a des formes nouvelles de vocation à la vie consacrée dont le cardinal Danneels attend une meilleure prise en compte de la part de l’Eglise.
Il signale notamment, chez certaines femmes, une vocation à une vie spirituelle intense, liée à un travail pastoral concret. Le cardinal Danneels
suggère enfin quelques solutions à des problèmes d’ordre pratique: faciliter l’accès des frères (non-prêtres) aux instances de décision; «en finir
avec une conception archaïque de la clôture» dans la vie contemplative; revoir le rôle des ordres masculins dans les affaires internes des communautés féminines contemplatives; préciser la place, la formation et l’accompagnement nécessaire des «vierges consacrées»; ne pas chercher à codifier une
fois pour toutes les formes de vie consacrée qui surgissent; promouvoir des
associations de collaborateurs d’Instituts religieux, de manière à continuer les oeuvres entreprises dans l’esprit du fondateur; enfin, porter une
attention particulière aux membres âgés des communautés.(apic/cip/mp)



