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apic/Taizé/Paris
Paris: 100’000 jeunes attendus à la rencontre des jeunes de Taizé (291194)
Frère Emile, de Taizé, fait le point à un mois de l’événement
Paris, 29novembre(APIC) A un mois de la rencontre européenne de Taizé,
qui réunira du 28 décembre au 1er janvier plus de 100’000 jeunes à Paris,
les préparatifs vont bon train, autour d’une quinzaine de Pères de Taizé,
spécialement dépêchés dans la capitale. 100’000 jeunes, venus de l’Europe
entière, dont la moitié des pays de l’Est: 6’200 Baltes, 2’000 Roumains,
2’500 Croates, 3’100 Slovènes, notamment. Frère Emile, l’un des organisateurs de cette rencontre, fait le point pour l’APIC. Pas simple de résoudre
les problèmes d’hébergement…
F. Emile: Un rythme de 40 rencontres chaque soir dans la région parisienne est nécessaire, d’abord pour faire face aux problèmes. Celui de
trouver de nouvelles places d’hébergement pour tous en est un. Puisque
60’000 font encore défaut. Ensuite pour réfléchir au sens de ce rendezvous. Nous voulons montrer que partout on peut vivre en chrétiens et donner
des signes pour ne pas se décourager…
APIC: Comment comptez-vous les loger?
F. Emile: Il ne faut à chacun d’entre eux que 2 mètres carré d’espace
pour pouvoir dormir avec son sac de couchage. Nous comptons bien pouvoir en
loger encore beaucoup chez l’habitant. On insiste sur cette formule car
c’est elle qui favorise le mieux la rencontre avec les familles, les quartiers. Mais nous avons de bonnes raisons de croire que la mairie de Paris,
les écoles et d’autres lieux institutionnalisés nous ouvriront leurs portes
le moment venu pour loger tous les autres… Nous rencontrerons du reste
les paroisses de l’Ile-de-France pour faire le point sur cette question.
APIC: Qui vous aide…
P. Emile: En plus des 15 Frères de la communauté, une vingtaine de jeunes permanents de Taizé sont là depuis quelques temps. Tous les autres, des
centaines, sont bénévoles. Il y a beaucoup d’initiatives étonnantes. De
très nombreux jeunes ont contacté d’eux-mêmes leurs maires, leurs curés et
ont réfléchi aux signes d’espérance qu’ils peuvent donner dans cette société souvent démoralisée. Cela génère beaucoup de liens et d’actions fraternelles et oecuméniques.
APIC: Quels sont les enjeux de cette rencontre…
P. Emile: Un mot clé: réconciliation. Notamment pour les jeunes d’Europe
de l’Est car la plupart portent toujours des cicatrices liées aux brûlures
de l’histoire. L’autre grand objectif: aider les jeunes à prendre leurs responsabilités. Ils sont sensibles au concret plus qu’aux idéologies. Les
rencontres qui se dérouleront le matin dans les quartiers seront à cet
égard des temps forts de réflexion sur la société qu’ils veulent construire
demain. Nous voulons éveiller encore au sens de la solidarité et de la profondeur spirituelle par les nombreux temps de prière et de réflexion biblique…
APIC: Taizé est-il un lieu qui attire toujours autant?
F. Emile: Absolument. Et de plus en plus. Il y a 40 semaines de temps
forts chaque année avec hebdomadairement près de 1’000 personnes. Pendant
les périodes les plus fortes, nous accueillons entre 3 et 6’000 personnes.
Depuis 1989, l’accroissement des visiteurs des pays de l’Est n’a pas cessé.
Nous avons enregistré l’an dernier une hausse de 40% du nombre de jeunes
venus d’Allemagne. L’aumônier des jeunes de Munich nous a appris que 80
groupes se réclamant de Taizé ont été créés dans les paroisses à la suite
de la grande rencontre qui s’est déroulée l’an passé dans cette ville. La
communauté monastique de Taizé? Elle compte 60 Frères à Taizé et une trentaine dans les quartiers les plus pauvres du Brésil, du Bangladesh, du Sénégal et de New York.
APIC: Vos projets…
F. Emile: D’abord continuer dans le même esprit et sur cette lancée.
L’an prochain, la rencontre se tiendra en Afrique du Sud, à Johannesbourg.
Depuis la visite de Desmond Tutu à Taizé, en 1980, nous accueillons des
pauvres de Soweto et du Cap, blancs et noirs ensemble. Cette action nous
tient à coeur.
ENCADRE
Pascale n’a pas 25 ans. Organisatrice bénévole, une foi aussi solide que
du roc, informaticienne, elle a spécialement demandé à son entreprise une
disponibilité de deux jours par semaine. «J’étais hypermotivée, alors on me
l’a accordée». Deux journées qu’elle donne sans autre profit que la joie
d’apporter sa contribution à la préparation de cette rencontre européenne
des jeunes de Taizé. Elle connaît Taizé depuis trois ans du reste, où elle
y séjourne régulièrement lors des semaines internationales. (apic/jcn/pr)




