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apic/Tchéquie/ prêtres clandestins

Rome: le pape reçoit Mgr Ivan Ljavinec (020496)

Ancien prêtre clandestin et evêque gréco-catholique de Tchéquie

Rome, 2avril(APIC) Le pape Jean Paul II a reçu lundi Mgr Ivan Ljavinec,

nouvel exarque apostolique des catholiques de rite byzantin en République

tchèque. Comme à l’accoutumée aucun détail n’a été communiqué par le Vatican sur le contenu de la rencontre. Mais nul ne doute que Jean Paul II ait

tenu à obtenir des informations de première main sur la situation des prêtres et les évêques ordonnés clandestinement à l’époque communiste en Tchécoslovaquie. Jean Paul II, lorsqu’il était évêque de Cracovie, avait luimême ordonné secrètement des prêtres pour la Tchécoslovaquie.

Le nouvel évêque gréco-catholique a connu la prison et les camps de

travail. Libéré en 1959, il fut ensuite ouvrier manuel. Lors du printemps

de Prague, en 1968, il put reprendre une activité pastorale officielle

comme curé à Prague. Il est sans doute un des meilleurs connaisseurs des

structures clandestines de l’Eglise en Slovaquie, en Bohème et en Moravie.

Sa nomination, demandée par la conférence des évêques tchèques, est considérée comme une démarche en vue du règlement de la situation des prêtres

et des évêques clandestins mariés ordonnés à l’époque communiste. Jusqu’à

présent une soixantaine d’entre eux ont accepté de servir dans l’Eglise

catholique de rite latin comme diacres permanents, une dizaine d’autres ont

été rattachés au rite gréco-catholique qui possède un clergé marié. Les autres (on parle de 300 à 350) ont refusé la solution proposée par la hiérarchie ou ne se sont pas annoncés pour une tâche pastorale. Leur réintégration dans le clergé gréco-catholique devrait être facilitée.

La Tchéquie ne compte officiellement que 20’000 catholiques de rite byzantin, mais il faut y ajouter quelque 200’000 immigrés ukrainiens grécocatholiques souvent sans autorisation de travail ni de séjour.

«La vérité vous rendra libres»

Le périodique italien «Il Regno» publie par ailleurs un entretien entre

l’ancien évêque clandestin de Brno, Jan Blaha, et le philosophe et théologien praguois Tomas Halik, lui aussi ordonné prêtre clandestinement. Jan

Blaha s’exprime pour la première fois publiquement et parle notamment de sa

femme et de ses enfants. Jan Blaha est aujourd’hui enseignant et travaille

le week-end comme auxiliaire en paroisse.

Tomas Halik, ordonné clandestinement en 1978, explique que l’Eglise

clandestine en Tchécoslovaquie n’avait pas de structures centrales. Il décrit trois catégories de prêtres clandestins: Ceux qui avaient été ordonnés

ouvertement avant l’arrivée au pouvoir des communistes et à qui on avait

retiré la permission d’exercer leur ministère; ceux qui furent ordonnés

clandestinement à l’étranger et enfin ceux qui ont reçu l’ordination des

mains d’évêques clandestins. Pour Tomas Halik, ce dernier groupe, à côté de

prêtres remarquables, dont certains sont mariés, contient cependant des

gens qui tendent à se comporter comme des membres d’une secte. Dans quelques cas il serait même nécessaire d’examiner les qualités psychiques et

professionnelles de ces prêtres qui veulent reprendre un service pastoral

officiel.

Jan Blaha refuse de son côté cette sorte de ligne de démarcation entre

les «bons» et les «mauvais» prêtres clandestins qui ne tient pas suffisamment compte des circonstances. (apic/kap/mp)

2 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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