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Prague: érection d’un exarchat apostolique (130396)

gréco-catholique de la République Tchèque

Une solution pour les prêtres clandestins mariés?

Rome, 13mars(APIC) Le Vatican a annoncé mercredi l’érection en République

Tchèque d’un exarchat apostolique pour les catholiques de rite byzantin

détaché de l’éparchie de Presov (Slovaquie). Cette mesure répond à une demande de la Conférence épiscopale tchèque. Elle devrait permettre de régler

le cas des prêtres clandestins mariés ordonnés à l’époque communiste.

Le pape a nommé premier exarque de la nouvelle circonscription Mgr Ivan

Ljavinec, 73 ans, jusqu’ici «syncelle» (vicaire général) de l’évêque de

Presov avec résidence à Prague. Né à Volovec, dans l’éparchie de Mukacevo,

en Ukraine, Ivan Ljavinec a fait ses études en Ukraine et à l’Université de

Vienne. Ordonné prêtre en 1946, il devient en 1948 directeur spirituel de

grand séminaire de Presov.

Après la suppression de l’Eglise grecque-catholique en Tchécoslovaquie

et l’incarcération de Mgr Gojdic et de son auxiliaire, Mgr Vasili Hopko, il

est nommé pro-vicaire de l’éparchie de Presov. Ayant découvert ses activités, les autorités l’arrêtent le 2 juillet 1955 et le condamnent à quatre

ans de prison. Libéré en 1959 suite à une amnistie, il vit comme ouvrier

manuel manuel jusqu’au «Printemps de Prague». En 1969, il est nommé curé de

la paroisse grecque-catholique Saint-Clément à Prague puis, en janvier

1994, vicaire général pour les fidèles de l’éparchie de Presov.

L’érection d’un exarchat de rite byzantin en Tchéquie est la conséquence

logique de la séparation d’avec la Slovaquie. S’il est vrai que les fidèles

gréco-catholiques sont peu nombreux, la République tchèque attire cependant

beaucoup de travailleurs migrants dont 200’000 Ukrainiens en partie

gréco-catholiques. La seconde raison, certainement prépondérante, est le

désir de réintégrer dans la pastorale les prêtres catholiques mariés ordonnés secrètement sous le régime communiste. La pratique des deux rites latin

et byzantin est également une veille tradition en Moravie et en Bohème.

Plutôt qu’une main tendue, certains y voient cependant un mépris choquant à l’égard des catholiques orientaux qui «tolèrent» le mariage des

prêtres. Ces milieux ont le sentiment que l’appartenance à une Eglise de

rite byzantin est considérée par Rome comme une «rétrogradation» et n’ont

guère envie de servir à la «récupération» des éléments indésirables dans le

clergé latin.

Jusqu’à présent le Vatican et les évêques tchèques avaient proposé à ces

prêtres mariés (ils seraient 350) d’être assimilés à des diacres permanents

ou d’être transférés dans un diocèse de rite oriental en Slovaquie. Une

soixantaine sont aujourd’hui diacres permanents dans l’Eglise de rite latin

et dix autres ont rejoint l’Eglise gréco-catholique. La majeure partie des

autres semblent avoir renoncé à s’annoncer pour une tâche pastorale officielle.

Un groupe emmené par Mgr Fridolin Zahradnik, un évêque marié ordonné

clandestinement au temps des «catacombes», refuse toutefois de coopérer et

menace de retourner au ministère clandestin si on n’assouplit pas les procédures pour les incorporer dans le ministère régulier. Aux yeux de cerains

observateurs, la discipline romaine s’est montrée beaucoup souple pour les

anciens pasteurs protestants ou prêtres anglicans passés au catholicisme.

(apic/cip/mp)

13 mars 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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