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apic/Terre des hommes/ Campagne Amérique latine

Berne: Terre des hommes crie la détresse (051294)

des enfants abandonnés d’Amérique latine

L’exemple du Nord-Est brésilien

Berne, 5décembre(APIC) Terre des hommes Lausanne, face aux enfants abandonnés d’Amérique latine, ne se résout pas à décrire le contraste entre riches et pauvres. Elle veut sortir des enfants de la misère, de la prostitution et de l’abandon en pleine rue. L’organisation humanitaire, lors d’une

conférence de presse lundi à Berne, invite la population suisse à soutenir

ses projets en Amérique latine. A l’occasion de sa campagne annuelle, elle

a présenté à ses mutiples actions dans ce continent qui permettent d’apporter un indispensable soutien nutritionnel et un encadrement médical et éducatif à plusieurs milliers d’enfants.

Philippe Buchs, responsable des actions de Terre des hommes en Amérique

latine depuis 1987, a d’abord rappelé que parmi les continents du Sud,

l’Amérique latine est celui qui a connu le plus fort exode rural durant ces

trente dernières années. D’où la généralisation d’un immense secteur d’économie informelle de survie et l’apparition de bidonvilles immenses et la

déintégration de la cellule familiale. A cause de cet exode rural beaucoup

de familles les plus pauvres sont monoparentales.

Pour les enfants abandonnés ou orphelins, Terre des hommes essaye de développer l’adoption nationale, en travaillant aussi avec les institutions

de l’Etat ou des communes en les plaçant dans des familles d’acceuil.

L’insoutenable contraste entre riches et pauvres

Ces dernières années, l’Etat brésilien du Céara, proportionnellement à

sa population, est celui qui a acheté le plus de voitures de luxe. Cet Etat

est pourtant situé en plein Nordeste qui concentre la plus grande pauvreté

du pays. La Genevoise Françoise Sartori, en est écoeurée. Elle a redit à

Berne le scandaleux écart entre riches et pauvres, entre misérables paysans

sans terre et certains propriétaires terriens qui font le tour de leurs vastes domaines en avion.

Responsable du projet de Terre des hommes au service des enfants des rues à Fortaleza, capitale du Ceara où elle vit depuis 10 ans, Françoise Sartori s’insurge contre les ravages de l’urbanisation pour les familles obligées de rejoindre d’autres habitants des bidonvilles de cette grande ville

de plus de 2 millions d’habitants. Elle dénonce la manière dont sont traités les enfants des rues. Obligés à faire de petits boulots ou à mendier,

ces enfants doivent apporter de l’argent à la maison. Dès leur plus jeune

âge. Avec inévitablement, dans cette rue, le contact inévitable avec des

délinquants, des proxénètes ou des trafiquants de drogue, qui permettront

parfois «d’augmenter ce qu’il faut rapporter à la maison». Contact avec la

violence de la police, parfois avec celle des esquadrons de la mort qui

n’hésitent pas à s’attaquer aux enfants.

Tourisme sexuel

Les enfants des rues vivent aussi liens familiaux et parfois le dur apprentissage – tests à l’appui y entrer – de la bande d’adolescents prêts à

tous les larcins. Françoise Sartori n’admet pas l’exploitation sexuelle de

trop d’enfants et d’adolescents devant se prostituer pour survivre. Et depuis que Fortaleza est aéroport international, elle voit débarquer beaucoup

d’hommes des Etats-Unis ou d’Europe – tourisme sexuel oblige!- avides de

petites filles ou de petits garçons à bon compte.

Terre des hommes ne prétend pas tout sauver. La misère du monde est

d’abord une question politique dont les autorités locales et mondiales sont

d’abord responsables. Terre des hommes ne peut se résoudre à voir souffrir

tant d’enfants maltraités et abandonnés, meurtris dans leur dignité. Dans

le Ceara, le mouvement fondé par Edmond Kaiser, a bâti son action sur quatre axes. Touché par la situation des paysans sans terre, il appuie une coopérative agricole à Taua, une petite ville de l’intérieur du Ceara. Là,

avec l’accord et la lutte d’autres organisations locales pour la dignité

des paysans, Terre des homme favorise l’éducation, la santé et le travail

communautaire.

Crêches et travail social

Face aux ravages de l’urbanisation sauvage qui multiplie les «favelas»

insalubres, Terre des hommes a créé à Rio de Janeiro et à Salvador des crêches et un travail social auprès des familles de ces enfants recueillis. Le

projet de Terre des hommes pour les enfants des rues à Fortaleza, créé il y

a huit ans, s’est fortifié et développé, en collaboration avec l’Etat et la

commune. Un bâtiment offert par l’Etat sert de «Centre de socialisation»:

des cours de théâtre, de danse, de «capuiera» (art martial afo-brésilien),

sont offerts pour les enfants. Dès 14 ans, on peut devenir apprenti- boulanger. Et une convention vient d’être signée avec le «Correio» (ce qui

correspond à nos PTT) pour fournir à 70 enfants un apprentissage durant 4

ans.

Enfin, selon une longue tradition, Terre des hommes favorise l’adoption

des enfants abandonnés par des couples brésiliens. Souvent placés dans des

orphelinats tristes à mourir, certains ont ainsi la chance de retrouver

l’amour d’une famille. Ce qui pour Françoise Sartori est une manière de

«redonner un rêve à ces gosses» sevrés d’affection. (apic/ba)

Pour soutenir les actions de Terre des hommes en Amérique latine:

CCP 10-11504-8/ mention Amérique latine

5 décembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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