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apic/Timor Oriental/Evêques indonésiens
Indonésie: Vive réaction de la Conférence
épiscopale après les émeutes de septembre (051095)
Mise en cause de la politique indonésienne d’immigration à Timor Oriental
Djakarta, 5octobre(APIC) La Conférence épiscopale de l’Indonésie met en
cause la politique indonésienne d’immigration à Timor Oriental, à la suite
des violentes émeutes qui ont frappé plusieurs villes de Timor Oriental au
cours du mois de septembre dernier.
Dans un communiqué inhabituellement critique de la politique gouvernementale sur le territoire timorais, les évêques voient la cause des émeutes
dans le sentiment de frustration entretenu chez les Timorais par la politique d’immigration du gouvernement indonésien.
«L’aspect religieux (réd. des émeutes) n’est que le révélateur d’une
frustration, d’une déception et d’une désespération plus profonde ancrées
dans le peuple. Beaucoup de Timorais de l’Est se sentent marginalisés dans
leur propre pays», déclarent les évêques. Ils remarquent «qu’il y a beaucoup de blessures profondes et de traumatismes qui ont rendu la population
locale (réd. de Timor Oriental) méfiante à l’égard de tous les immigrés,
spécialement quand ils les voient arriver de plus en plus nombreux et
qu’ils deviennent concurrents sur le marché du travail».
Les autorités indonésiennes maintiennent que les immigrants à Timor
Oriental, provenant de diverses régions d’Indonésie, ne sont que 5% de la
population totale qui atteint le chiffre de 800’000. Elles admettent cependant qu’ils occupent souvent des postes de fonctionnaires ou de techniciens et qu’ils contrôlent une bonne partie du commerce de détail.
Prise en compte des aspects socio-culturels
Pour prévenir des événements semblables à ceux qui se sont déroulés en
septembre, les évêques indonésiens appellent le gouvernement «à faire respecter la loi par ceux qui s’adonnent à la violence, y compris parmi les
membres des forces de sécurité et de l’armée». Ils affirment en outre que
les «aspects socio-culturels du problème de Timor Oriental doivent être
pris en compte dans tout projet politique concernant le territoire». Avec
Mgr Belo, administrateur apostolique du territoire, ils estiment «qu’un
statut doit être accordé à Timor Oriental, afin de garantir qu’un processus
de normalisation puisse prendre place sans créer d’aliénation dans la population».
Mgr Carlos Ximenes Belo, n’est pas membre de la Conférence épiscopale
indonésienne. Le Vatican ne reconnaît pas l’annexion du territoire par
l’Indonélsie. L’administrateur apostolique de Timor Oriental a cependant
l’habitude d’assister en observateur aux travaux des évêques indonésiens.
Les émeutes de septembre n’auraient officiellement pas fait de victimes.
Mais des témoins oculaires affirment que quatre personnes au moins seraient
mortes au cours des affrontements. Selon le colonel Andreas Sugianto, chef
de la police de Dili, une trentaine de personnes sont encore en détention.
Les émeutiers s’en étaient pris presque uniquement aux marchés et aux commerces de Dili et de Maliana, tenus par les musulmans immigrés.
Des centaines de musulmans quittent la région
A la suite de ces événements, plusieurs centaines d’immigrés musulmans
ont quitté le territoire. Des milliers d’autres se préparent à le faire.
Selon des sources de Dili, capitale de Timor Oriental, ce sont quelque
2’000 musulmans immmigrés qui auraient quitté les villes de Dili et de Maliana, pour se diriger en direction d’Atambua, dans le Timor Occiental.
Quant à l’administrateur apostolique de Timor Oriental, Mgr Belo, il a
publié une note pastorale pour demander à la population catholique de rester calme et de laisser les autorités accomplir leur travail et restaurer
la loi et l’ordre. Il a de plus mis en garde les jeunes catholiques contre
«les irresponsables qui essayent de manipuler leurs sentiments anti-indonésiens et anti-musulmans». (apic/eda/pr)



